15 Décembre 2005
Kinshasa — E. Tshisekedi appelle au boycott
Le président national de l'Udps, Etienne Tshisekedi, vient de se prononcer, au nom de son parti sur le référendum constitutionnel prévu ce 18 décembre 2005. Dans une déclaration faite à Radio France Internationale, il invite les Congolais, au nom de l'Udps, à rester à la maison. Il s'agit ni plus ni moins que d'un appel au boycott. Sera-t-il entendu ?
« La République démocratique du Congo est complètement détruite. Cette destruction qui, malheureusement, est récurrente n'est possible qu'avec notre complicité. A l'occasion du vote sur le référendum constitutionnel organisé à l'occasion d'un processus électoral et politique exclusif, vicié et injuste, et manifestement non productif, l'Udps demande aux Congolais de rester à la maison pour ne pas cautionner cette trahison par leur participation au vote.
Toute autre attitude dans le contexte actuel ne pourra que contribuer à la légitimation d'un processus non crédible et qui méprise toutes vos revendications légitimes ». Telle est l'intégralité de la déclaration du président national de l'Udps faite hier soir mercredi sur les antennes de Radio France internationale. En des termes plus simples, Etienne Tshisekedi appelle le peuple congolais au boycott du référendum constitutionnel.
Apparemment, Tshisekedi ne fait que confirmer ce qu'il avait déjà dit avant d'adresser le mémo de l'Udps au Secrétaire général de l'Onu demandant la requalification du processus électoral. Depuis le 30 juin 2005, il est un fait que l'Udps ne reconnaît pas les institutions actuelles de la transition, bien que son parti soit signataire de l'Accord global et inclusif. Voilà pourquoi ce parti avait sollicité des négociations sous la supervision du Ciat. En appelant le Congolais à rester à la maison, il ne s'agit plus que d'un échec des négociations secrètes qui se déroulent ces derniers temps au siège de la Monuc sous la supervision du Ciat.
Négociations vivement souhaitées par la dernière délégation du Conseil de sécurité pour éviter toute exclusion et que personne ne s'exclut. Malheureusement, aux dernières nouvelles, le Pprd a refusé d'amener ses contre-propositions au cahier de charges de l'Udps. Bien plus, son représentant ne se présentait plus au siège de la Monuc.
Situation compréhensible dans la mesure où lors de son dernier point de presse, le chef de l'Etat avait exclu toute négociation. Il s'était dit « fatigué », réaffirmant tout simplement sa volonté d'aller aux élections. Par ce boycott de l'Udps, on peut dire que les portes sont fermées, jusqu'à preuve du contraire.
NI EN FAVEUR DU OUI, NI DU NON
Cependant, il y a lieu de reconnaître que le boycott de l'Udps ne favorise ni le Oui, moins encore le Non. Un peu comme les catholiques et les musulmans qui ont appelé leurs croyants à s'appuyer sur leur conscience.
Ainsi, l'Udps refuse d'approuver le camp des oui et celui des non. Ce qui revient à dire que les chances des uns et des autres restent encore intactes jusqu'au dépouillement du dernier bulletin de vote. Telle attitude pourrait tout simplement s'expliquer, comme nous l' avons dit plus haut, par le fait que l'Udps ne reconnaît plus les institutions en place.
Cependant, le verdict du référendum constitutionnel pour être l' objet de contestation, c'est-à-dire, souffrir d'un certain manque de crédit quel que soit le résultat. Et ce avec un effet d'entraînement sur les autres échéances électorales dans l'hypothèse où le oui l'emportait. Nous n'en sommes pas encore là. Le suspens demeure et tout est encore possible. En faveur du oui ou du non.
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