Le Messager (Douala)

Cameroun: Divorce syndical : Louis Sombès et compagnie lancent la Csac

Une nouvelle confédération syndicale vient de voir le jour à Yaoundé. Elle est la riposte aux insatisfactions, mécontentements et frustrations de près de 21 fédérations nationales et 05 syndicats nationaux affiliés à la confédération syndicale des travailleurs du Cameroun.

Rien ne va plus entre les fédérations nationales et les syndicats nationaux affiliés la confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc). Ceux qui croyaient que les leaders de cette centrale syndicale avaient surmonté ou réussi à dissiper les haines, les rancoeurs, les insatisfactions et les frustrations accumulées lors du dernier congrès en date de la confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc), doivent pouvoir déchanter. L'équipe que dirige Maximilien Diboti Ntoné vient d'enregistrer, des départs en cascades, de 21 fédérations nationales et 05 syndicats nationaux. Tout est parti de ce que certains présentent comme la somme des faillites et dysfonctionnements, ayant conduit à " la gestion opaque et catastrophique des travaux au cours du dernier congrès ". Les dissidents étouffent de colère et de désespoir, car pour eux, le rendez-vous a été bâclé.

Selon eux, le cadre devait permettre d'analyser les incohérences et les faiblesses contenues dans les textes de base de la centrale syndicale, proposer des amendements permettant d'avoir des instruments adaptés au contexte national, régional et international ; on devait aussi procéder à l'évaluation des activités de la Cstc pour la période 2000-2005 et formuler des propositions en vue de corriger les insuffisances. L'aile dure de la contestation soutient que le moment était indiqué de proposer les résolutions portant sur les problèmes économiques et leur impact sur les conditions de vie des travailleurs ; de même qu'il fallait analyser l'ensemble des problèmes dont font face les travailleurs et proposer les recommandations conséquentes.

" Le 3ème congrès de la Cstc, a été une véritable mascarade. On nous a présenté des résolutions taillées sur mesure. Il n'y a pas eu de débat, la parole n'a pas été donnée aux congressistes. Lorsque nous avons interpellé le président de la confédération syndicale pour dénoncer cet affairisme qui ne répondait pas aux attentes et espoirs des travailleurs, on nous a nargués. Considérant que le mouvement syndical se retrouve à l'étroit, n'a plus sa place dans une pareille confédération qui ne répond pas aux normes, nous avons opté pour la déchirure et avons mis en place un comité restreint chargé de préparer la création d'une nouvelle centrale " affirme Apollinaire Tatkebo, délégué du personnel à la Crtv.

Confédération des syndicats

autonomes du Cameroun (Csac)

Le zèle d'ostentatoire et la désinvolture des dirigeants de la Cstc, a inspiré la création d'un comité restreint de pilotage, au sein duquel se sont retrouvés des " maîtres du jeu " et syndicalistes de la pure souche comme Louis Sombès, Apollinaire Tatkebo, Louis-Pierre Mouanguè et Samuel Nkot. Leurs travaux ont permis d'identifier plusieurs organisations syndicales, au rang des quelles : le syndicat national de la communication, le syndicat national des travailleurs des médias du Cameroun, la fédération nationale des syndicats de l'agriculture, le syndicat national des employés des ports du Cameroun, la fédération nationale des syndicats des industries chimiques, la fédération nationale des syndicats des exploitations forestières et scieries Et bien d'autres. " Tirant les leçons de cette parodie de congrès et après une profonde analyse de la situation, les organisations syndicales que nous représentons, avons décidé de nous unir en une organisation autonome indépendante et démocratique " clame Louis-Pierre Mouangue, le président dudit comité. Ensemble, ils ont opté pour la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun, en abrégé Csac. L'assemblée générale constitutive qui a eu lieu, les 16 et 17 du mois courant, ont permis l'élaboration des textes de base et les statuts.

En matière de représentativité, une certaine opinion soutient que " la nouvelle confédération regroupe la majorité des fédérations et syndicats constitués à la Cstc. Vidée de l'essentiel de ses membres, de fait la Cstc devient une coquille vide. Son avenir est sombre car, elle pourrait n'évoluer qu'avec deux fédérations syndicales : c'est à dire celle de son président (les travaux publics) et celle de son Sg (une partie des travailleurs des rails). Il appartient à la Csac, d'opter pour une bonne syndicalisation de proximité. Ses principales missions doivent consister à faire renaître l'espoir en défendant réellement les intérêts des travailleurs camerounais. Ce qui n'a pas semblé être le cas de la Cstc, qui a préféré s'asseoir sur la même table que l'Etat qu'il a fini par adopter comme tutelle. Ce qui ne doit pas être le cas, car le syndicat se pose en s'opposant au patronat ou à l'Etat " clame un observateur averti du mouvement syndical. En attendant de voir la réaction de l'équipe à Diboti Ntoné, et Zambo Amougou, la Cstc prend un véritable coup de massue, si ce divorce venait à se confirmer. C'est quand des fédérations considérées comme de gros-porteurs d'effectifs, à l'instar de celle des médias et celle de la communication qui ont chacune, 2000 membres. A cela, il faut ajouter les 30.000 âmes et un potentiel de 300 délégués du personnel, de la Fédération nationale des syndicats de l'agriculture.


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