Altervision (Abidjan)

Afrique de l'Ouest: UEMOA : sommet à Niamey le 23 Décembre pour nommer le Gouverneur de la BCEAO le Président de la BOAD

19 Décembre 2005


Après un Sommet avorté il y a quelques mois, les Chefs d'Etat des pays membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), devraient se retrouver le vendredi 23 Décembre dans la capitale nigérienne, pour désigner les successeur du Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest et le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement.

La mandat de Charles Konan Banny à la tête de la BCEAO expire le 31 Décembre prochain, tout comme celui du Président de la BOAD, Boni Yayi ; tous les deux avaient été reconduit dans leurs fonctions au Sommet de Lomé, tenu voici 6 ans déjà.

Selon les textes régissant ces deux Institutions, la désignation des responsables de la BCEAO, de la BOAD, et de la Commission de l'UEMOA devrait tenir compte de la nécessité d'assurer la rotation, afin de permettre aux ressortissants des différents Etats membres de les gérer.

C'est au nom de ce principe de l'alternance que le Président sénégalais Maître Abdoulaye Wade avait décidé de retirer son soutien à son compatriote Moussa Touré, favorisant ainsi l'élection de Soumaïla Cissé comme Président de la Commission de l'UEMOA.

Déjà, en 1978, le défunt Chef d'Etat Nigérien, le Général Seyni Kountché avait revendiqué, pour son pays, le poste de Gouverneur de la BCEAO. Par déférence au défunt Président Félix Houphouët Boigny, les pays membres de l'UMOA (le Traité de l'Union Monétaire Ouest Africaine qui continue de régir le fonctionnement de la BCEAO), avaient accepté de laisser à la Côte d'Ivoire, le soin de proposer un de ses ressortissants comme Gouverneur de la BCEAO.

Ainsi, fût reconduit le Gouverneur Abdoulaye Fadiga à qui succéda Alassane Dramane Ouattara, puis Charles Konan Banny.

A la tête de la BOAD l'alternance sera cependant respectée uniquement après le 1er mandat, puisque le burkinabé Pierre-Claver Damiba a été remplacé par le béninois Aboubacar Baba Moussa qui passera le témoin à son compatriote Boni Yayi.

Au Sommet de Lomé en 1999, le Président malien, Alpha Oumar Konaré avait semblé faire part de sa préoccupation pour la réussite de l'alternance.

Au Sommet de Niamey, qui se tient cette semaine, les Chefs d'Etat devraient à nouveau revenir sur la question.

Pour succéder à Charles Konan Banny au poste de Gouverneur de la BCEAO, le Président ivoirien Laurent Gbagbo a déjà annoncé les couleurs, en disant que « l'on ne confie la clef d'une maison qu'à celui qui a le plus de biens à conserver dans cette maison » ; la Côte d'Ivoire pesant pour 40% dans l'économie de l'UEMOA, il reviendrait donc, à ce pays de désigner le Gouverneur de la BCEAO ; « même pour un intérim », dit-on à Abidjan ; le temps pour Charles Konan Banny de terminer sa mission de Premier ministre en Côte d'Ivoire et de retrouver son fauteuil de Gouverneur.

Certains observateurs estiment que cette hypothèse n'est pas sans poser problèmes, puisqu'elle viole, d'une part le principe de l'alternance stipulé dans les textes ; d'autre part, elle serait de nature à créer des difficultés entre l'intérimaire et son pays, dans la mesure où il « fera tout pour se faire confirmer » ; enfin, elle mettrait la BCEAO dans une situation de transition et d'instabilité, en raison de la nomination d'un « nouveau venu » à sa direction.

En compromis, suggèrent-ils, « il serait préférable de confier l'intérim au plus ancien des Gouverneurs » ; ils sont actuellement deux : le burkinabé Damo Justin Baro (qui assure actuellement l'intérim et le nigérien Ali Badjo Gamatié ; ce dernier a été présenté par son pays au poste de Gouverneur de la BCEAO.

Le Bénin continuerait de se tâter, en ce qui concerne la candidature de son ancien Ministre des Finances d'Abdoulaye Bio Tchané dont le mandat de Directeur Afrique du FMI (Fonds Monétaire International) vient d'être renouvelé.

Les Autorités béninoises, pour certains, voudraient le voir continuer à occuper cette position où, dit-on, il serait plus utile à son pays et à l'Afrique ; le départ de Bio Tchané ferait en effet faire perdre au continent cette position tant convoitée au FMI.

D'autres prétendent que présenter Bio Tchané au poste de Gouverneur de la BCEAO conduirait à renoncer à la Présidence de la BOAD occupée par un béninois, le Docteur Boni Yayi.

Même si on suppose qu'il devrait s'aligner pour la présidentielle prévue en Mars 2006, Boni Yayi n'aurait pas pris sa décision finale.

Face à l'incertitude de devenir Président de la République au Bénin, il lui serait conseillé de conserver son poste actuel et de se préparer pour dans 5 ans ; cinquantenaire, Boni Yayi aurait encore le temps devant lui ; la limite d'âge pour être candidat à la Présidence au Bénin est de 72 ans.

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