Nadia Ziane
19 Décembre 2005
Elles sont marocaines, algériennes, égyptiennes, irakiennes, jordaniennes, koweïtiennes, libanaises, palestiniennes, omanaises, qataries, syriennes, tunisiennes ou yéménites Leurs points communs: elles sont arabes et victimes de clichés.
Les physionomies changent, les caractères diffèrent, les préoccupations se déploient selon différents angles, les allures et les occupations Et pourtant la femme arabe, quelle que soit sa situation, reste opprimée dans un moule où l'ont confinée tantôt les institutions, tantôt les médias ou encore un imaginaire scriptural. Ils la veulent soumise, victime et effacée.
Et pourtant, les choses changent d'un pays à l'autre et d'une époque à l'autre, une réalité s'impose. C'est que la femme qui figurait dans les pages de nos illustres écrivains, celle qui illustrait des tableaux empreints d'un profond orientalisme ou encore celle qui était inexistante dans les discours politiques, s'efface peu à peu pour céder la place à une combattante, une militante et même une révolutionnaire. En dépit des efforts et des actions entreprises, elle reste, non seulement au niveau de l'imaginaire mais aussi dans la pratique, une femme prise dans l'engrenage des occupations ménagères et absente des sphères de décision à tous les niveaux. D'où l'importance de remédier à ces lacunes qui brouillent l'image positive que tente d'ancrer la femme arabe moderne. En effet, contribuer au développement d'une image positive et non stéréotypée de la femme, promouvoir l'accès des femmes aux sphères de décision à tous les niveaux et former les femmes aux nouvelles technologies de l'information (NTIC), telles sont les actions prioritaires retenues par la Conférence germano-arabe sur la condition juridique et la place de la femme dans la société et sa représentation dans les médias.
Au cours de la manifestation organisée par l'Ambassade d'Allemagne qui s'est déroulée les 16 et 17 décembre à Rabat, les participantes ont mis l'accent sur les activités impliquant les médias, la société civile et les différentes structures intervenant dans le domaine de la promotion de la femme.
"Renforcement du leadership féminin en passant par un plus grand accès de la femme aux nouvelles technologies de l'information (NTIC)", revendique Latifa Akharbach, directrice de l'Institut supérieur de l'information et de la communication (ISIC), tout en appelant à réduire la fracture numérique entre l'homme et la femme, à former les femmes aux nouvelles technologies de l'information, car l'Internet est un moyen de communication alternatif non soumis à la censure politique et économique, et à augmenter "la connectibilité" des femmes qui leur permettra d'exprimer et de diffuser plus facilement leur point de vue et d'informer sur leur potentiel.
"Multiplier les réunions, d'une part, entre les professionnels des médias et, d'autre part, entre les femmes journalistes pour leur permettre d'exposer les problèmes rencontrés lors de l'exercice de leurs fonctions", propose la directrice du Centre des professionnels des médias en Jordanie, Mahassen Al Imam et de souligner les difficultés auxquels sont confrontés les journalistes, particulièrement les femmes; elle a mis l'accent sur l'impératif de garantir la protection etla défense de ces témoins professionnels qui font un travail difficile. "Dénoncer l'image tronquée de la femme véhiculée par les médias dans le monde arabe qui ne reflète guère la réalité de celle-ci dans la société", prône Fatima Sayegh, professeur des sciences historiques aux Emirats arabes unis. Pour ne citer que quelques interventions parmi les différentes propositions qui ont porté sur la nécessité de diversifier les opportunités de formation et de contacts pour les femmes et les hommes journalistes, d'explorer les possibilités d'échanges entre les femmes arabes via Internet, de renforcer les alliances existantes, de soutenir et d'encourager la création d'autres alliances régionales entre les femmes dans les médias.
L'objectif est d'abolir à jamais cette image stéréotypée de la femme, laquelle représente un véritable obstacle à la participation de la femme au développement humain. Combattre ces productions médiatiques où l'on reflète une image négative et archaïque de femme souvent dépréciée, chosifiée et minorée, tel est le but que veut atteindre la femme.
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