20 Décembre 2005
Monrovia — - La présidente Ellen Johnson-Sirleaf et George Weah, son rival aux élections de novembre dernier, se sont rencontrés ce week-end, à l'initiative du médiateur nigérian, pour tenter de sortir de l'impasse politique post-électorale.
Cette rencontre a eu lieu quelques jours après que l'ancienne gloire du football, George Weah, ait publiquement déclaré devant ses militants, réunis au siège de son parti, qu'il était le président légitime du Liberia.
A la suite de son discours, des jeunes manifestants pro-Weah sont descendus dans les rues, jetant des pierres aux forces de l'ordre et détruisant les véhicules. Une quarantaine de manifestants a été arrêtée par la police.
Mais le discours de M. Weah s'est fait plus conciliant après la rencontre de dimanche dernier.
« Comme je l'ai déjà dit dans mes meetings, je suis un homme de paix et que ne ferai rien pour entraver le processus de paix. Les gens ont besoin de paix et nos personnes comptent bien peu par rapport à l'avenir du Liberia », a-t-il déclaré à la presse.
L'ancien chef d'Etat nigérian, Abdusalami Abubakar, qui est à l'initiative de cette rencontre, a indiqué qu'elle s'est déroulée dans une "atmosphère de cordialité".
M. Weah avait menacé de bloquer la cérémonie d'investiture de Mme Sirleaf prévue le 16 janvier prochain si une réponse officielle n'était donnée à la plainte qu'il avait déposée pour dénoncer les fraudes du scrutin présidentiel qu'elle a remporté. Mais la Commission électorale nationale a débouté M. Weah de sa plainte et ses avocats ont immédiatement fait savoir qu'ils feraient appel de cette décision devant la Cour suprême, ce qui a fait craindre une nouvelle impasse politique.
George Weah a réfusé de dire ce week-end s'il entendait renoncer à l'appel introduit auprès de la Cour suprême.
Mais à en croire certains responsables de son parti, le Congrès pour le changement démocratique (CDC), beaucoup d'intervenants les invitent à retirer leur plainte.
« C'est un sujet que les responsables du CDC débattent actuellement, mais à la lecture des événements, il est possible que la retirions en raison des nombreuses interventions internationales et nationales », a déclaré un responsable du CDC, sous couvert de l'anonymat.
Le président du gouvernement de transition du Liberia, Gyude Bryant, qui était également présent à cette rencontre, a admis que la décision de retirer la plainte revenait à M. Weah.
« Bien que vous ayez le droit de faire appel, la grande majorité du peuple s'est exprimée par le vote .Il vous reste donc à vous joindre à nous pour faire avancer ce pays », a déclaré lundi M. Bryant.
Mme Sirleaf, qui a battu l'ancienne star du football en totalisant 59,4 pour cent des suffrages au deuxième tour des élections, a indiqué qu'elle souhaiterait inclure son rival dans son nouveau gouvernement.
« Notre mission est de coopérer avec tous ceux qui sont prêts à travailler pour la paix et la stabilité, dans le cadre d'un gouvernement élargi », a déclaré la semaine dernière l'ancienne économiste.
Pendant la campagne présidentielle, Mme Sirleaf avait déjà fait savoir à la presse qu'elle pourrait même confier à M. Weah un poste ministériel comme celui de la Jeunesse et des sports.
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