Mohamed Kadimi
21 Décembre 2005
A l'ère du libre-échange et de la mondialisation, le transport martime revêt une importance cruciale pour l'économie marocaine. Conscients des mutations profondes que connaît le secteur, les pouvoirs publics préparent la mise à niveau réglementaire, économique et technique du secteur.
C'est dans cet esprit, d'ailleurs, qu'une "étude institutionnelle et stratégique du secteur du transport maritime au Maroc" a été réalisée par le bureau d'étude Drewry Shipping Consultants Ltd pour le compte du ministère de l'Equipement et des Transports.
Lors de la journée consacrée à la présentation de la première mission de cette étude et qui s'est tenue, mardi 20 décembre à Casablanca, le ministre de l'Equipement et des Transports, Karim Ghellab a souligné que cette étude "vient à un moment crucial pour donner à chaque acteur une visibilité claire dans un contexte économique évolutif marqué par des mutations profondes. Elle permettra d'asseoir une politique de régulation et de développement adéquate, volontariste pour le secteur du transport maritime au Maroc". Il a essentiellement mis l'accent sur la signature par le Maroc de l'accord général sur le commerce des services, l'accord d'association avec l'Union européenne et avec les USA ainsi que le traité d'Agadir et l'accord de libre-échange avec la Turquie. L'accent a été également mis sur la privatisation de la Compagnie de navigation "COMANAV" ainsi que sur la création de l'Agence nationale des Ports (ANP) et de la Société d'exploitation des ports (SEP).
Après avoir diagnostiqué les points forts et les faiblesses du transport maritime au Maroc, l'étude a proposé un certain nombre de mesures susceptibles de permettre à cette branche d'activité de relever les défis de la compétitivité internationale.
Pour l'amélioration de la compétitivité de la flotte marocaine, le bureau d'étude "Drewry Shipping" a recommandé des mesures pour réajuster les coûts d'équipage, de la maintenance, d'assurance ainsi que la charge fiscale.
De par son importance, trois étapes sont proposées pour la réforme des lignes régulières. Il s'agit, en premier lieu, de supprimer des contraintes imposées aux armateurs marocains et ce, pour leur permettre de réagir aux opportunités de marché et de gérer les coûts de leurs réseaux de transport de façon aussi efficace et rentable que possible. La décision doit prendre effet à compter du 1er janvier 2006.
Concernant la libéralisation des services directs (pavillon étranger), l'objectif est de multiplier le choix des clients et la concurrence dans les échanges entre le Maroc et l'Europe ainsi que la suppression des contraintes "imposées" aux pavillons étrangers.
Pour ce qui est du volet de la réforme des affrètements, le consultant recommande l'abolition des dispositions de la loi (Dahir de 1962) qui entre autres réserve l'affrètement aux seuls armateurs propriétaires de navires. En rapport avec la réglementation du transport maritime des passagers, le consultant propose un nouveau cadre réglementaire qui se compose de critères et mesures nouveaux. Ces mesures touchent la sécurité des navires, la compétence de l'armateur, la capacité portuaire, l'anti-dumping, l'antitrust, le pavillon et l'engagement de l'armateur sur une durée minimale d'exploitation avec une obligation de performance.
A noter qu'un modèle de cahier de charges à soumettre à la Direction de la marine marchande est proposé par le bureau d'étude pour les armateurs qui souhaitent ouvrir un nouveau service et répondant à tous les critères.
S'agissant des gens de mer marocains, il est suggéré d'établir des nouvelles relations avec les gestionnaires de navires et aussi des relations avec les flottes en développement d'autres pays.
Il faut dire que dans la mesure où les importateurs et exportateurs du Maroc dépendent presque entièrement du transport maritime pour l'accès aux fournisseurs et marchés d'exportation, l'existence de liaisons logistiques maritimes efficaces et économiques vers les marchés d'exportation et les sources d'approvisionnement constitue un élément essentiel pour préserver la compétitivité globale des exportations marocaines.
Les statistiques disponibles indiquent que les marchandises en vrac constituent et de loin l'essentiel des volumes du commerce du Maroc: environ 88% des exportations et 76% des importations, le fret conventionnel est de plus en plus transporté par conteneurs. Le fret réfrigéré est assuré par une combinaison de services frigorifiques, d'opérateurs de remorques frigorifiques et de conteneurs réfrigérés.
Il faut souligner qu'il existe un important réseau de services directs couvrant les échanges avec l'Europe, qui se compose d'une vingtaine de lignes, dont la majorité fait escale à Casablanca.
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