Donald Ndebeka Ndakhté. M. Gaye
2 Janvier 2006
Habib Sy a décliné le schéma d'organisation de la campagne de commercialisation de l'arachide dont il a annoncé le démarrage hier.
Le ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture et de l'hydraulique a annoncé officiellement hier le démarrage de la campagne de commercialisation arachidière 2005/2006. Habib Sy qui donnait un point de presse pour porter à la connaissance des journalistes des décisions qu'il déclare avoir prises en parfait accord avec l'ensemble des acteurs intervenant dans la filière arachidière, a décliné le schéma de l'opération qui se compose de six étapes. La première consiste à déterminer les stocks déjà constitués. Selon lui, le travail d'identification a démarré et se poursuivra durant toute la période de commercialisation. Mais ces stocks ne seront pas pris en compte par les 9 milliards 181 millions de la subvention de la campagne. "Ces stocks, nous le disons dès maintenant et très clairement à titre préventif, ne seront pas comptabilisés dans la collecte qui bénéficie de la prévention de l'Etat", a précisé le ministre. La deuxième étape consistera à sécuriser les 1 032 points de collecte. Parmi les éléments de sécurisation du point de collecte, figure en première ligne les reçus d'achat avec des numéros de séries pour chaque point de collecte. Ils sont suivis des lettres de voitures numérotées. Puis, il y aura le cachet du chef de village et/ou du représentant des organisations paysannes. A cet égard, le Comité national interprofessionnel de l'arachide (Cnia) débloquera 2 millions 580 mille francs pour commander 1 032 cachets à mettre à la disposition des chefs de village, dont la localité abrite un point de collecte. Le dernier élément de sécurisation du point de collecte concerne la série numérotée de lots de plomb en vue du plombage des chargements de graines d'arachide des camions.
La troisième étape concerne l'évacuation des graines. Elle sera l'oeuvre des transporteurs qui, munis de leurs lettres de voiture, procéderont à l'évacuation de leurs chargements vers les centres de réception suivant l'itinéraire convenu avec l'opérateur.
La quatrième étape consistera à réceptionner les graines. A ce niveau, Kaolack, Ziguinchor, Diourbel et Touba ont été retenus pour être les centres de réception. Et dans chaque centre, le représentant du ministère du Commerce examinera les lettres de voiture en présence des représentants de l'industriel, des opérateurs agréés, du Cnia et des organisations paysannes.
Le traitement informatique des données pour leur transmission au Cnia constitue l'avant-dernière étape du schéma d'organisation de la campagne. Ici, il est question de traiter les reçus d'achat et les lettres de voiture dûment validés par les industriels et de les communiquer au Cnia. Il est demandé au Cnia de faire une synthèse des données et d'effectuer des contrôles de vraisemblance nécessaires aux fins de saisine du ministère de l'Agriculture et de l'Hydraulique sur les quantités effectivement collectées.
En outre, le ministre Habib Sy a précisé qu'il n'y a pas eu de retard cette année pour le lancement de la campagne. Car, explique-t-il, les paysans n'ont pas encore terminé leurs travaux et les graines ne sont pas séchées. Ce qui, à son avis, représente un risque pour les industriels à cause de la perte sur le poids. Toutefois, il a reconnu que, traditionnellement, la campagne commence le 15 décembre. "Exceptionnellement, elle avait coïncidé l'année dernière avec la déclaration de la politique générale du Premier ministre et la veille de la fête de la Tabaski", a-t-il ajouté.
Les prévisions de collecte sont estimées à 205 000 tonnes sur une production attendue de 800 000 tonnes. Pour la mobilisation des fonds, le ministre les estime à environ 37 milliards de francs Cfa .
Abordant la question de la privatisation de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), le ministre refuse de parler d'échec. "La Sonacos qui est dans une période transitoire, est en train de se restructurer. La preuve en est que quand il y a eu le problème de l'accord conclu avec les syndicats, l'actionnaire lui-même a mis la main à la poche en débloquant 2 milliards de francs Cfa, même si cela coïncidait avec les difficultés sur le marché international", a affirmé le ministre.
Abondant dans le même sens que le ministre, le directeur général adjoint de la Sonacos a déclaré que c'est un consortium, dont la tête de file est Advens, qui a satisfait au cahier des charges exigé par l'Etat Sénégalais et a été tributaire de 65 % des actions de L'Etat. "Le consortium a pris l'engagement de maintenir l'ensemble des sites industriels et de procéder à une diversification pour assurer la rentabilité", a-t-il ajouté. Pour lui, il est vrai que le Conseil national de coopération et de concertation des ruraux (Cncr) qui accuse la Sonacos de ne pas écouler toute la campagne de l'année dernière, est contre les actionnaires actuels de la Sonacos, car lui-même faisait partie d'un autre consortium lors de la privatisation.
S'agissant de la mort de la filière arachidière, le ministre a répondu que la volonté du président Wade et du gouvernement est que la filière arachidière vive intensément au Sénégal, car l'agriculture a un bel avenir devant elle au Sénégal. "Quelqu'un qui veut tuer la filière arachidière peut-il encore donner 5 milliards pour faciliter l'accès aux semences", a dit Habib Sy en guise de démonstration. Il reconnaît tout de même que l'arachide, contrairement au coton et au maïs, est la filière la plus désorganisée de l'agriculture compte tenu de son importance dans l'économie sénégalaise.
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