Rousseau-Joël FOUTE
3 Janvier 2006
La situation des finances publiques s'est améliorée en 2005, après les tensions de trésoreries connues en 2004.
Etat des lieux : Le 31 décembre 2004, le chef de l'Etat a dit dans son message radiotélévisé à la Nation, que " nous avons connu quelques déceptions en ce qui concerne les dérapages budgétaires ". Le diagnostic de cette situation a été fait le 7 janvier 2005 par le ministre de l'Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah, quelques semaines après sa prise de fonction. C'était au cours d'une importante réunion avec les responsables des services centraux et extérieurs relevant des régies financières (Impôts, Douanes, Trésor). L'année 2004 aura été, d'après le ministre, " une année plutôt difficile pour nos finances publiques. En effet, la performance budgétaire s'est considérablement détériorée, malgré la hausse des recettes pétrolières observée en 2004. Dans ces conditions, l'Etat a été confronté à de fortes contraintes de liquidités qui ont entraîné un allongement des délais de paiement des dépenses. Ce qui a été ressenti comme les tensions de trésorerie de l'Etat ". La non -atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE en fin 2004 par le Cameroun a été la conséquence immédiate de la mauvaise gestion de nos finances publiques. Les relations avec le Fonds monétaire international (FMI) avaient ainsi pris un sérieux coup de froid. Dans l'urgence en début 2005, il était ainsi nécessaire, avait déclaré le président de la République le 31 décembre 2004, " de corriger les dérapages constatés au niveau des finances publiques Parallèlement, la négociation avec les institutions de Bretton Woods devra être menée activement pour nous remettre dès que possible sur la voie du point d'achèvement de l'initiative PPTE ".
Efforts faits en 2005 : Parlant des efforts fournis en 2005 dans ce domaine, le chef de l'Etat, dans son message de Nouvel an à la Nation samedi dernier, a déclaré : " nous sous sommes employés en priorité à rétablir l'équilibre de nos finances publiques. Il fallait améliorer la rentrée des recettes, mieux contrôler les dépenses, sans pour autant asphyxier notre économie ". En effet, le rapport économique et financier de l'exercice 2005 indique que les ressources budgétaires totales au 31 décembre 2005 sont estimées à 1665,2 milliards de F CFA, soit un taux de réalisation de 96,8%, dont 1529,1 milliards pour les recettes internes, et 136,1 milliards pour les ressources externes. Contrairement à la sous-performance de l'exercice 2004, souligne le document, le taux de réalisation estimé des recettes internes au 31 décembre 2005 se situe à 100,2%. Cette performance s'explique par un taux de réalisation des recettes pétrolières estimé à 116,6% et par l'objectif du gouvernement d' accroître les recettes non pétrolières en 2005.
Dans sa note de conjoncture sur l'économie camerounaise de novembre dernier, la BEAC a pour sa part relevé qu'au cours des huit premiers mois de l'année 2005, l'exécution du budget de l'Etat s'est soldée par un excédent global, base de trésorerie de 409,5 milliards de F CFA, contre 76,4 milliards pour la même période comparable en 2004.
Cet excédent a permis à l'Etat, d'après la BEAC, de se désengager auprès du système bancaire pour 103,1 milliards de F CFA, et d'honorer les échéances de la dette extérieure à hauteur de 161,9 milliards. Cet excédent a aussi permis d'amortir la dette intérieure conventionnée, de rembourser les crédits TVA (taxe sur la valeur ajoutée), d'assurer le paiement des titres salariaux et d'apurer les instances du trésor respectivement pour 27,4 milliards, 31,3 milliards, 28,7 milliards et 95 milliards.
Perspectives : D'après la loi de finances 2006, la poursuite de l'assainissement des finances publiques est l'un des objectifs du budget 2006. Mais surtout, les prévisions budgétaires sont prudentes afin d'éviter a posteriori des engagements au-delà des possibilités réelles de trésorerie. Par ailleurs, le recensement des besoins incompressibles est quasi exhaustif. Ce qui prévient l'accumulation des arriérés, notamment vis-à-vis des entreprises de service public.
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