Cameroon Tribune (Yaoundé)

Afrique: Immigration : les frontières de la désillusion

Yves Atanga

4 Janvier 2006


Au moment où l'Europe décidait de fermer ses portes, des Africains ont tenté en vain le dernier assaut désespéré.

En tout 165 Camerounais ont été rapatriés du Maroc en 2005. Ces jeunes compatriotes partis à l'aventure ont pu bénéficier d'un programme de rapatriement des candidats à l'immigration clandestine en Europe via le Maroc. Un programme mis en place par le gouvernement de Rabat avec la collaboration des autorités camerounaises. D'ailleurs, à leur arrivée à l'aéroport international de Douala, les trois contingents ont été pris en charge avant de rejoindre leurs familles. La même chose a dû se passer au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso Les principaux pays pourvoyeurs de clandestins ont en effet été amenés à s'associer au gouvernement marocain, pour régler au mieux un problème urgent. Suite à des morts d'hommes enregistrées à la frontière Maroc-Espagne.

L'irréparable s'est produit dans la nuit du 4 au 5 octobre à Melilla, enclave espagnole sur le territoire marocain. Au Nord du Maroc, près de 500 candidats à l'immigration clandestine originaires pour la plupart de l'Afrique sub-saharienne, et jusque-là terrés dans les forêts, ont tenté un assaut sur la barrière de grillage et de fils barbelés qui tient lieu de frontière avec l'Espagne. Les forces marocaines et probablement espagnoles ont riposté par des tirs de sommation, puis par des coups de feu sur les assaillants. Bilan : 14 morts de source diplomatique, 6 de source marocaine.

Cet événement tragique intervenait à un moment où l'Europe envisageait ouvertement de nouvelles restrictions dans les conditions d'entrée des étrangers. Et ces pauvres clandestins voyant qu'il était de plus en plus difficile de " traverser " par la voie régulière du visa, ont pensé que c'était le moment où jamais. En 2005 effectivement, les pays occidentaux de manière générale ont durci les conditions d'obtention du visa. Et depuis le mois de juillet, de nouveaux dispositifs se mettent en place dans les représentations diplomatiques pour appliquer ces nouvelles conditions.

Pour ce qui est de la France en particulier, les nouvelles conditions d'entrée ont été arrêtées en fin novembre par le Comité interministériel de contrôle de l'immigration. Elles concernent l'attribution de la nationalité française aux conjoints de Français, le regroupement familial et la sélection des étudiants étrangers. Désormais, il faudra au moins quatre ans d'attente pour devenir français " par alliance ". Et pour les étudiants, le dossier a été alourdi. C'est dire si désormais les Africains ont besoin d'arguments forts pour obtenir un visa. Et pour ceux qui seraient tentés par la voie clandestine, le passage par le Maroc est devenu un risque inutile. reste maintenant à créer dans les pays pourvoyeurs des conditions favorables pour fixer les éventuels candidats à l'aventure.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2006 Cameroon Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Afrique

Rubriques