Ali Ghoudane
15 Janvier 2006
Une meilleure gestion de l'eau s'impose
Mohamed Elyazghi, ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement a présidé le Conseil d'administration de l'Agence du Bassin Hydraulique du Loukos (ABHL) au titre de l'année 2005 à Larache le 9 janvier 2005.
Dans son allocution devant les membres du Conseil de l'ABHL, M. Elyazghi a rappelé les efforts déployés par l'Etat, son ministère et les autres départements ministériels impliqués en matière de la gestion des ressources hydrauliques et approvisionnement en eau des habitants et usagers des secteurs socio-économiques dans les meilleures conditions à court, moyen et long termes. Aussi a-t-il souligné les principales réformes apportées dans ce domaine et qu'il a résumées en quatre axes :
Le premier axe concerne le Plan national de l'Eau qui instaure une base stratégique pour une future politique de gestion de l'eau et du droit et la protection de l'environnement dans un cadre de concertation et de solidarité entre les différents espaces et régions du Royaume. A savoir que le ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement est en cours d'élaboration d'un Plan national de l'eau qui allait permettre à notre pays d'avoir un état des lieux de nos ressources hydrauliques en vue d'adopter une stratégie globale. De plus, une telle stratégie en matière de l'eau, nécessite la participation de tous et une mobilisation de tous les acteurs institutionnels , collectivités locales et société civile appelés à débattre lors d'un futur colloque prévu au cours de cette année 2006, sur la priorité à donner au secteur de l'eau dans les programmes de développement durable de notre pays.
Le deuxième axe est relatif à la lutte contre la pollution de nos ressources en eau. Le gouvernement, déclare M. Elyazghi, a agi à temps et a préparé un Programme national sur l'environnement et le traitement des eaux usées. Ce programme sera exécuté conformément à une méthodologie de partenariat entre l'Etat, les acteurs locaux et les bénéficiaires. A savoir que le coût dudit programme est estimé à 43 millions de dirhams ; 30% à charge de l'Etat. Et l'on espère de la réalisation de ce programme la diminution de 60 % de la pollution des ressources hydrauliques à l'horizon de 2010 et 80 % à l'horizon de 2015.
S'agissant du troisième axe, M.Elyazghi a mis l'accent sur l'économie et la protection de celle-ci de toute dégradation, car le Maroc doit faire face à un défi majeur, celui d'instaurer une gestion durable de ses ressources en eau.
Enfin, le quatrième axe revêt, selon M. Elyazghi, une grande importance et concerne la gestion intégrée décentralisée et concertée des ressources hydrauliques. Dans ce cadre, ajoute-t-il, les Agences hydrauliques, instituées par la loi 10/95, constituent un établissement public au service de l'eau dans leurs zones d'action où elles veillent à l'adoption d'une gestion de proximité concertée avec les opérateurs dans le secteurs de l'eau.
Et dans le cadre de l'actualisation de la nouvelle politique en matière de l'eau, le ministère de l'aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement et en collaboration avec le ministère des finances a veillé à l'orientation des Agences pour centrer leurs interventions dans les domaines prioritaires, particulièrement ceux relatifs aux inondations et à leur prévention, au traitement des eaux usées et à l'économie de l'eau. Pour ce faire, il a été affecté un montant de 112 millions de dirhams au titre de l'année 2005 pour ces actions dans un cadre concerté. De même, au titre de l'année 2006, un budget subventionnel à ces institutions leur est affecté atteignant les 70 millions de dirhams, en plus de 150 millions de dirhams mis à leurs dispositions dans le cadre du Programme national de l'assainissement. Et à partir de 2007, le ministère s'efforcera à doter ces Agences d'une subvention stable et connue à l'avance en vue de concrétiser les programmes à moyen terme à réal iser dans un cadre de partenariat. Et en vue d'alléger la tutelle de ces Agences, le ministère compte tenir un atelier pour amender la loi de l'eau 10/95 à partir de l'année en cours.
Et en vue de préparer un Plan directeur d'aménagement des ressources hydrauliques en collaboration et concertation avec tous les acteurs locaux, deux niveaux sont à distinguer : l'un technique et regroupe toutes les instances spécialisées dans le secteur de l'eau, et l'autre institutionnel incitant l'ABHL à entamer des concertations avec les parties impliquées en la matière à partir de la mi-février 2006.
En matière de protection contre les inondations, l'ABHL a mis en oeuvre un vaste programme de modernisation, d'automatisation et d'extension du système d'annonce des crues aux fins de couvrir tous les bassins versants de la zone et particulièrement les zones les plus menacées.
De plus, sans un effort soutenu de préservation durant la décennie à venir, la qualité des ressources en eau connaîtra une dégradation alarmante et dangereuse sous l'effet des différentes sources de pollution qu'induira le développement socio-économique de la zone.
La mise en oeuvre d'une stratégie de préservation et d'amélioration de la qualité des ressources hydrauliques est l'un des principaux axes de la stratégie d'intervention de l'ABHL, en plus des efforts déployés pour la modernisation et la réhabilitation du laboratoire de suivi de la qualité des ressources en eau qui constitue la pièce maîtresse du système de contrôle de ces ressources hydrauliques en vue de leur préservation et de leur développement.
Quant à la gestion du domaine public hydraulique, M. Elyazghi a souligné les différentes études réalisées en matière d'exploitation et d'évaluation des ressources en eaux superficielles et souterraines. A noter que l'ABHL a réalisé des campagnes de contrôle de la qualité des eaux des fleuves et nappes phréatiques, le suivi de la pollution résultant des décharges et eaux usées et elle est en cours, en collaboration avec deux unités industrielles, de réalisation des études de traitement des eaux usées industrielles. Et à la lumière de ces études et par le biais du FODEP, il sera procédé à la réalisation desdits projets et avec la participation des unités industrielles concernées.
En matière de coopération internationale, l'ABHL n'a cessé, depuis sa mise en place, d'oeuvrer pour développer davantage les axes de coopération dans les secteurs de l'eau avec le Gouvernement de l'Andalousie et l'Agence espagnole de coopération internationale, et de prospecter d'autres axes de coopération et d'autres partenaires espagnols. Aussi l'ABHL a-t-elle bénéficié de la première tranche du budget estimé à 10 millions de dirhams pour l'amélioration de son action dans le domaine de la gestion intégrée des ressources en eau.
La dégradation de la forêt de Khémis Sahel a été également évoquée, particulièrement par Abbas El Fassi, ministre d'Etat qui a participé à ce conseil ; une dégradation sauvage et anarchique en plus de la spéculation immobilière la menaçant davantage d'extinction si des mesures urgentes n'étaient pas prises pour sa préservation. Cette forêt constitue un attrait pour les touristes et, plus, le " poumon " par lequel respire la ville de Larache !
D'autres intervenants ont soulevé la place du Port Méditerranée dans le développement de Tétouan, la nécessité de la réhabilitation de l'Oued M'Hannech à l'instar de ce qui a été fait pour l'Oued Bouregreg
Le Conseil d'administration de l'ABHL devait clore ses travaux par l'adoption à l'unanimité des recommandations et propositions de projets ambitieux et prometteurs pour le développement durable de la région.
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