Abidjan — Sous la pression des étudiants, les éléments de l'ONUCI, encore à Cocody, ont rejoint le nouveau siège.
Cocody Lycée technique, ancien siège de l'ONUCI. Il est à peine 11 h, hier mercredi, quand, en partance pour la maison de la télévision, nous découvrons un groupe de jeunes, courant à petit trot, formant une ronde, chantant, tapant des mains et dansant en face des anciens locaux de l'ONUCI. A côté des manifestants, des pneus et autres tables enflammés font monter une épaisse fumée noire dans le ciel, mais aussi, un groupe de gendarmes assis dans un véhicule de type 4x4. Les jeunes en question sont de la "FESCI, section Droit, de l'Université d'Abidjan Cocody", expliquera le chef du groupe. Jean Jaurès Doué, alias Général Doué, coiffé d'un chapeau qui descend jusqu'aux paupières, lunettes fumées, justifie leur présence en ces lieux : "Nous sommes ici pour demander que les Casques bleus qui sont encore dans ce bâtiment rejoignent leurs camarades à l'Hôtel Sébroko, le seul siège de l'ONUCI". Selon le 2ème secrétaire général adjoint de cette section du mouvement estudiantin, "Tou tes les forces de la communauté internationale présentes dans notre pays, à travers l'ONUCI et la Licorne, doivent quitter la Côte d'Ivoire. Car elles constituent une entrave à la paix". Ainsi, les jeunes gens qui disent être arrivés sur les lieux aux environs de 8 h, jurent ne pas en repartir tant qu'il restera un seul élément de l'ONUCI dans le bâtiment et que tout le matériel de travail de l'équipe de Pierre Schori n'aura pas été évacué dans les nouveaux locaux de l'ONUCI. Le lieutenant de gendarmerie qui négocie avec les manifestants, constate leur détermination. Certes, l'officier parvient à faire éteindre le feu par ses éléments, mais il n'obtient aucune solution intermédiaire pour que le "Général Doué" et ses "lieutenants" quittent les locaux. A 13 h, la tension monte de plus belle. Le feu reprend. Les flammes sont plus importantes. Le lieutenant de gendarmerie ouvre une négociation avec les Casques bleus, par les grilles. Le CeCOS 45 immatriculé 12120676 et le CeCOS (sans numéro) immatriculé 12120678 arrivent en renfort. Ils seront rejoints par plusieurs véhicules militaires. La négociation avec les Casques bleus est longue mais elle finit par porter ses fruits. A 14 h 20, les agents de l'ONUCI sont évacués à bord des véhicules des Forces de défense et de sécurité (FDS). Sous l'applaudissement des étudiants manifestants. "Le départ des Casques bleus d'ici prouve que notre détermination est en train de triompher ", se réjouit le "Général Doué", entouré de ses éléments. " Mais, la lutte continue. Et les jours à venir seront marqués par des actions de terrorisme pour obtenir le départ définitif de l'ONUCI et de la Licorne de la Côte d'Ivoire", annonce-t-il.
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