Abidjan — Le Président en exercice de l'Union africaine a passé hier quelques heures à Abidjan pour tenter de ramener le calme. Les discussions qu'il a eues ont permis de clarifier la situation.
Le Président en exercice de l'Union africaine (UA), Olusegun Obasanjo, est venu hier en pompier pour éteindre le feu qui couve dans la maison Ivoire. Accompagné d'une très forte délégation, dont des reporters, il a discuté pendant environ trois heures avec le Président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Charles Konan Banny, Pierre Schori (ONU), chief Sokupa (médiation sud-africaine) et Raph Uwechue (CEDEAO). A l'issue des discussions, un communiqué final a été rédigé et lu par le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Youssouf Bakayoko, en présence (outre les personnalités sus-citées) de la Première dame, Mme Simone Gbagbo, de Mamadou Koulibaly (président de l'Assemblée nationale), Laurent Dona-Fologo (président du Conseil économique et social), de quelques membres du gouvernement et de députés du groupe FPI. "La cause de ce que nous constatons aujourd'hui dans la ville d'Abidjan ( ) est, à mon avis, liée à la mauvaise compréhension de la situation par la population, d'u ne décision qu'elle estime qui a été prise et qui en fait n'a pas été prise", a affirmé le Président Olusegun Obasanjo, qui a fait un long commentaire de la situation après la lecture du communiqué final. Le président en exercice de l'UA a ainsi voulu "préciser" que "le Groupe international de travail n'a ni le pouvoir, ni l'habilité, ni l'intention" de nier la souveraineté de la Côte d'Ivoire qui est entre "les mains du peuple de Côte d'Ivoire et des autorités qui ont la charge de gérer" l'Etat. Il a souligné que le GTI n'a fait que prendre note de ce que "dit clairement la Constitution ivoirienne", en l'occurrence que le mandat des députés prend fin le 16 décembre 2005 et que "personne en dehors de la Constitution n'a le pouvoir d'affirmer autre chose". Aussi, dira-t-il encore, "le GTI n'a pas pris une telle décision lors de sa réunion du 15 janvier". Le Président nigérian a donc demandé aux Ivoiriens de ne pas "effrayer, de ne pas intimider ou faire du chantage" à la comm unauté internationale qui, à travers ses différentes organisations et structures, n'est en Côte d'Ivoire que pour aider "à ramener la paix, la démocratie et le développement". Il a demandé que les Ivoiriens ne forcent pas cette communauté internationale à partir, parce que ça ne changera rien à nos problèmes et à nos souffrances. "Aidons-la à nous aider", a supplié Obasanjo. C'est en cela que le Chef de l'Etat nigérian a lancé "un appel solennel" à la population ivoirienne et aux jeunes en particulier: "Je voudrais demander à tout le monde de donner une chance à la paix. Pendant plus de 3 ans, ce pays a souffert économiquement et continue de souffrir. Nous devons faire en sorte de donner la chance au développement de revenir en Côte d'Ivoire. La jeunesse de Côte d'Ivoire, qui constituera les dirigeants de demain, doit donner une autre image à la communauté internationale que celle qu'elle donne actuellement. Une jeunesse qui ne respecte pas la loi, qui occupe les espaces com me elle veut ( ) Et si nous, leaders politiques, nous encourageons le comportement d'une telle jeunesse, alors quel type de jeunesse voudrions-nous avoir demain comme dirigeants de ce pays? Ensemble, aidons le Président de la République et le Premier ministre à travailler sur les chantiers du DDR, sur les moyens de préparer les élections et de ramener la démocratie en Côte d'Ivoire. Il faut que la loi soit en vigueur et que la Côte d'Ivoire puisse travailler pour son développement". Le Président obasanjo s'est également "réjoui de la complicité" qui règne entre le Président Laurent Gbagbo et le Premier ministre, en les félicitant chaleureusement "pour la méthode et pour les relations de travail qu'ils ont", avant de préciser qu'il s'est préalablement entretenu avec le Secrétaire général de l'Onu et le médiateur Thabo Mbeki au nom desquels il parle, et avec lesquels il est "en phase" C'est à 21h37, aussitôt après son commentaire, que le Chef de l'Etat nigérian a quitté la rés idence de son homologue ivoirien.
Comments Post a comment