Kinshasa — L'émissaire des Etats-Unis Jendayi Frazer, chargée de résoudre le différend territorial entre l'Ethiopie et l'Erythrée, est arrivée jeudi à Addis Abeba, rapporte l'Afp citant l'ambassade des Etats-Unis dans la capitale éthiopienne.
La secrétaire d'Etat adjointe chargée des Affaires africaines avait annoncé la semaine dernière son intention de se rendre en Ethiopie et en Erythrée.
Cette mission a été approuvée par le Conseil de sécurité de l'Onu, mais le ministère érythréen des Affaires étrangères a fait savoir qu'il doutait de sa «légalité» et de sa «pertinence politique».
Le voyage a finalement été amputé de l'étape érythréenne, Asmara «ne facilitant pas son déplacement», a indiqué mercredi le département d'Etat à Washington.
Jeudi matin, Mme Frazer a rencontré à Addis Abeba le chef de la Mission de l'Onu en Ethiopie et en Erythrée (Minuee), Legwaila Joseph Legwaila, et des diplomates de la communauté internationale, selon des sources diplomatiques concordantes.
L'émissaire américaine devait se rendre jeudi dans le nord de l'Ethiopie et dans la zone frontalière, avant de rencontrer vendredi le Premier ministre Meles Zenawi, selon les mêmes sources.
«Mme Frazer assistera au sommet de l'Union africaine qui s'ouvre lundi à Khartoum», a seulement précisé l'ambassade des Etats-Unis à Addis Abeba, citée par l'Afp.
L'Ethiopie et l'Erythrée ont mené une guerre de 1998 à 2000 ayant fait quelque 80.000 morts. Selon l'accord de paix conclu fin 2000, l'Ethiopie et l'Erythrée devaient accepter un tracé de la frontière établi par une commission internationale.
Or ce tracé a été arrêté en 2002, mais l'Ethiopie ne l'a jamais accepté. Les relations entre les deux pays sont de nouveau très tendues depuis plusieurs semaines.
L'Erythrée a critiqué les Nations unies pour n'avoir pas contraint Addis Abeba à accepter le nouveau tracé. Asmara a récemment pris des mesures restrictives à l'égard de la Minuee, interdisant ses hélicoptères de survoler son territoire et exigeant le départ de ses personnels occidentaux, auxquelles l'Onu a dû se plier.

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