Pierre Emangongo
20 Janvier 2006
Kinshasa — Les jeunes patriotes, pro-Fpi, ont finalement levé les barrières dressées durant les trois jours de leurs manifestations pour protester contre la décision du Groupe international du travail de mettre fin au mandat de l'actuel Parlement. Cette accalmie est une réponse à l'appel à la paix lancé par le président ivoirien Laurent Gbagbo et son premier ministre Charles Konan Banny. Cependant, l'Onu accuse certains médias et menace de sanctionner les responsables de cette flambée de violence.
Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, et son premier ministre, Charles Konan Banny, ont appelé leurs compatriotes, mercredi soir 18 janvier, «à se retirer des rues» et à «reprendre le travail», selon le journal Le Monde. Ces déclarations ont été faites après une réunion avec le président nigérian, Olusegun Obasanjo, alors qu'Abidjan était paralysée depuis trois jours par des manifestations. C'est la première fois que les deux dirigeants ivoiriens s'expriment depuis le début de cette nouvelle crise qui secoue la Côte d'Ivoire, lundi. Au moins quatre personnes ont été tuées mercredi dans des affrontements entre partisans du président Gbagbo et Casques bleus bangladais, qui ont dû évacuer, sous escorte de l'armée ivoirienne, deux localités de l'ouest du pays.
Face à cette brusque détérioration de la situation, le président nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union Africaine (Ua), s'est rendu mercredi soir à Abidjan. Il a rencontré pendant plusieurs heures M. Gbagbo et le premier ministre de transition, Charles Konan Banny, en présence notamment du représentant spécial du secrétaire général de l'Onu, Pierre Schori. Un communiqué publié à l'issue de la rencontre précise que MM. Gbagbo et Banny sont «invités» à «continuer leur consultation en vue de parvenir à une solution politique» de la crise actuelle «dans les jours à venir».
Face à cette situation, pour le moins chaotique, l'Onu hausse le ton et pointe un doigt accusateur sur certaines radios ivoiriennes.
L'ONU ACCUSE
Des stations de radio ivoiriennes incitent certains éléments à s'armer et à attaquer les représentants des Nations unies, a indiqué l'organisation internationale mercredi en demandant au gouvernement ivoirien de mettre fin immédiatement à ces appels à la haine, a indiqué Reuters. «Ceci est inacceptable et doit cesser immédiatement», a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole principal de l'Onu, en jugeant les émissions incriminées «particulièrement inquiétantes» à la lumière des attaques qui ont visé des casques bleus mercredi pour la troisième journée consécutive.
Des membres du Conseil de sécurité ont jugé le moment venu d'imposer des sanctions aux dirigeants du gouvernement ivoirien ou des rebelles qui bloquent le processus de paix. Le Conseil a autorisé en novembre 2004 l'adoption de sanctions, notamment des interdictions de voyager et des gels d'avoirs, mais il ne les a encore appliquées à personne dans le souci de préserver les efforts de paix.
Le Conseil devait tenir hier jeudi sa deuxième réunion consacrée à la Côte d'Ivoire. On s'attend à ce qu'il publie un communiqué donnant son feu vert à des sanctions, indiquent des diplomates.
L'Onu veut également augmenter les effectifs des casques bleus en Côte d'Ivoire afin de permettre au gouvernement de conduire les Ivoiriens aux élections et de désarmer les différentes milices.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2006 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.