Bakary Nimaga
20 Janvier 2006
Le Président en exercice de l'Union Africaine, le Chef de l'Etat nigérian, Olosegun Obasanjo était avant-hier à Abidjan, pour asséner ses vérités au camp présidentiel qui a lâché ses « jeunes patriotes » dans les rues, en protestation de la recommandation du Groupe International de Travail de ne pas proroger le mandat des députés ivoiriens.
Au cours de cette rencontre à la résidence officielle de Laurent Gbagbo, en présence du médiateur africain, du Premier Ministre Charles Konan Banny, de Pierre Schori, de Ralph Uwechué, de Sokupa, représentant de Thabo Mbeki, de Gbagbo et des caciques de la refondation, Simone Gbagbo, Mamadou Koulibaly, des vérités sèches ont été dites aux dirigeants ivoiriens. Dès les premiers instants de sa prise de parole, le Président Olosegun Obasanjo, assez averti des volte- faces de Gbagbo a clairement précisé qu'il n'était pas venu pour de nouvelles négociations. Après un entretien avec Alpha Oumar Konaré, le Président de la Commission de l'Union Af ricaine, il tenait à marteler ses trois injonctions à Gbagbo.
D'un, il donnait 48 heures au FPI pour retirer les « jeunes patriotes » des rues d'Abidjan et des villes de l'intérieur. Sans prendre de gants, Obasanjo a ajouté qu'il ne croyait pas au caractère spontané des manifestations des partisans de la refondation. Tout a été orchestré par le régime. De deux, le Président de l'UA a demandé au FPI de revenir immédiatement dans le gouvernement de transition. De trois, le pouvoir doit prendre les mesures nécessaires pour permettre au personnel des nations unies de circuler sur toute l'étendue du territoire. Obasanjo a affirmé sans équivoque que l'UA ne pouvait maintenir son veto sur les sanctions envisagées contre tous ceux qui s'opposent au processus de crise. La communauté internationale est exaspérée des agissements contre la paix. Pour lui, le Premier Ministre Banny est le choix de l'Afrique et la Côte d'Ivoire ne saurait aller à l'encontre des décisions de la communauté internationale.
Il a réitéré le soutien de l'UA à la résolution 1633 et au Premier Ministre. Pour finir, il a exigé des autorités ivoiriennes qu'elles s'inscrivent dans le choix de la paix, au risque de connaître le schéma libérien, avec le départ en exil de Charles Taylor. Sonné par les propos de son hôte, Laurent Gbagbo a tenté de justifier la position de son parti et a assuré le patron de l'UA sur l'ouverture de la discussion avec sa formation. En outre, le Chef de l'Etat s'est offusqué de la position du GTI. Il n'a pas digéré la mise en dérision de l'arrêt pris par le Conseil Constitutionnel. Ce à quoi a renchéri Pierre Schori, selon qui, la recommandation du GTI a été prise de façon unanime par les membres de cette structure. Ensemble donc, les membres ont constaté la fin du mandat des députés. Quant à Sokupa, le représentant du Mbeki, il a soutenu la poursuite des négociations et a demandé le respect de la souveraineté du peuple ivoirien. Le Premier Ministre Banny a parlé sous l'autorité de la communauté internationale et de l'UA.
Pour lui, il n'est pas question de se dérober de sa mission de conduire le pays à des élections transparentes et démocratiques. Il entend aller au bout de sa logique malgré les obstacles et les écueils. Selon des indiscrétions, le Premier Ministre n'a pas été du tout tendre avec les opposants de la paix. Selon des indiscrétions, la déclaration finale lue par le ministre des affaires étrangères est la version édulcorée du régime. Ceux qui ont suivi la rencontre sur le petit écran ont dû voir la mine d'enterrement affichée par Gbagbo, Simone Ehivet et Mamadou Koulibaly. La preuve évidente que le camp du Chef de l'Etat ivoirien est sorti très affaibli de l'entrevue avec le Président Olosegun Obasanjo.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2006 Le Patriote. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.