Le Patriote (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Sanctions de l'ONU en Côte d'Ivoire : ces hommes et ces femmes dans le viseur de l'ONU

Ferdinand Yao

25 Janvier 2006


L'acte appelle la représaille. Le conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à publier la liste des personnes qui subiront des sanctions pour les évènements de la semaine dernière.

Ils sont une dizaine au moins. Emportés par l'ivresse d'un prétendu pouvoir, ils ont osé se faire acteurs ou complices des malheurs des Nations Unies en Côte d'Ivoire. Durant une semaine, ils ont fait subir à l'ONUCI toutes les peines qu'elle n'a pas connues depuis sa présence sur le sol Ivoirienne. Parmi eux il y a les inspirateurs, les acteurs, les complices, de cette grande effervescence qui a secoué la Côte d'Ivoire les 16, 17, 18 et 19 janvier derniers et dont les cibles furent le personnel et les installations de l'ONU CI. Ils sont issus des milieux politiques, de la société civile, de l'armée et du monde des médias. Leurs actes ne resteront pas impunis. Car le conseil de sécurité de l'ONU à travers le comité des sanctions a décidé de frapper. Le retour du bâton s'annonce imminent et impitoyable. Au quatrième jour des manifestations de rue le jeudi 19 janvier, le Conseil de sécurité avait affirmé que des « mesures ciblées seront imposées » contre toute personne s'opposa nt au processus de paix, notamment celles qui feraient obstacle au travail de l'Onu pour les élections ou du groupe de travail international (GTI). Joignant l'acte à l'avertissement, le comité de sanctions a tenu une réunion avant-hier lundi, pour fixer le cadre général d'application de sanctions contre les personnes jugées responsables des troubles de la semaine dernière. A l'issue de cette réunion aucune liste n'a été publiée certes. Mais de sources diplomatiques, celle-ci pourrait l'être demain jeudi. Dans le viseur des Nations Unies se trouvent plusieurs barons du régime et leurs affidés.

Laurent Gbagbo : c'est l'inspirateur principal de toutes les actions menées par ceux qui s'affublent du titre de patriotes. C'est en son nom et pour son compte que toutes les actions de rue sont menées. Lors de la cérémonie de présentation des voeux de la Nation à sa personne, Laurent Gbagbo n'a pas manqué d'indiquer que « les jeunes patriotes » n'ont rien contre Schori et le Général Fall, mais contre l'institution qu'ils représentent.

Affi N'Guessan, Simone Gbagbo et Kadet Bertin : ce sont ces barons du FPI qui ont préparé la conscience de leurs militants à l'insurrection contre la présence onusienne en Côte d'Ivoire. Le jour même de la réunion du GTI à Abidjan, le FPI et ses organisations satellistes ont adressé une lettre au secrétaire général de l'ONU, contre ce qu'ils ont appelé « les dérives du GTI ». Quatre jours plus tôt, Simone Gbagbo avait menacé que le peuple ivoirien n'acceptera pas de la communauté internationale toute décision qui violerait « la souveraineté nationale ».

Blé Goudé Charles, Koffi Serges, Eugène Djué et Bro Grébé Geneviève : ils sont à la fois des concepteurs et des exécutants de toutes les manifestations qui ont eu pour cibles les forces impartiales. Dès le lundi 16 janvier, lendemain de la décision du GTI constant la fin du mandat des députés le 16 décembre 2005 ils sont entrés en actions. Koffi Serges a mis en branle la FESCI pour faire sortir les élèves et étudiants des classes et amphis pour qu'ils occupent la rue. Lui, Blé Goudé, Eugène Djué et Bro Grébé sont passés sur les antennes des médias d'Etat, pour inviter les jeunes et les femmes à converger massivement vers les bases des forces impartiales et de ne s'y retirer que lorsque celles-ci auront quitté la Côte d'ivoire.

Le Général Philipe Mangou et le Colonel Guiai Bi Poin : en dépit de l'interdiction formelle de toutes manifestations de rue jusqu'en juin 2006, le chef d'Etat-major des FANCI et le patron du CeCOS n'ont rien entrepris pour freiner les manifestants. Bien au contraire, ils les ont escortés. Mangou a accompagné les leaders de la galaxie patriotique à la télévision pour qu'ils y fassent leur déclaration appelant au soulèvement contre l'ONUCI et la Licorne. Les Forces de défense et de sécurité ont approvisionné les manifestants en vivres. Le CeCOS a aidé « les jeunes patriotes » dans certains quartiers à ériger leurs barrages.

Ben Zahui et Brou Amessan : ceux sont eux qui ont donné au soulèvement contre les Nations Unies plus d'échos. Ils ont mis la télévision publique au service de la propagande patriotique.

Tous ces hommes et femmes ont été à la base des événements de la semaine dernière. L'ONU les a désormais dans son viseur.

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