Kinshasa — Le peuple congolais a appris à se familiariser avec le mot viol, depuis la guerre d'agression. Les agresseurs ont utilisé, dans l'Est de la Rd Congo, cette arme redoutable aux conséquences physiques, morales et psychologiques néfastes. Actuellement, sur l'ensemble du pays, y compris Kinshasa, on déplore chaque jour des cas de viol qui s'exercent même sur les enfants âgés de deux ans.
Le Centre d'assistance juridique pour l'enfant et la mère (Cajem), une branche spécialisée de la Ligue zone Afrique pour la défense des étudiants et des élèves (Lizadeel), a organisé pour la première fois, le jeudi 26 janvier dernier à son siège situé à la commune de Masina, à Kinshasa, une journée d'information et de sensibilisation sur le viol et ses conséquences à l'intention de plus de cinquante officiers de police judiciaire du district de la Tshangu. L'occasion était propice pour le président de la Lizadeel, Godé Kayembe, de présenter cette Ong de défense des droits de l'homme et ses objectifs aux hommes en uniforme qui font face chaque jour, aux victimes de viols et qui sont chargés d'appliquer la loi dans toute sa rigueur. Il leur a demandé de s'impliquer entièrement dans la lutte contre toutes sortes de violences faites à la femme et à l'enfant, particulièrement le viol dont les conséquences sont nombreuses, variées et même chroniques.
Après le mot d'introduction de Godé Kayembe, son homonyme, Dr Joseph Kayembe, a développé le thème «Le contexte des violences sexuelles dans la ville de Kinshasa». Il a défini la violence comme étant tout moyen de contrôle ou d'oppression exercée sur une personne par une autre. Cette violence peut être utilisée sans employer la force, mais d'une manière subtile. Le résultat de la violence, a souligné l'orateur, c'est que la victime va agir selon la volonté de l'auteur. Parmi les causes de la violence sexuelle, il cité notamment l'attitude de la société vis-à-vis de la victime. Il y a aussi la dépendance économique, le harcèlement sur le lieu de travail, les conflits armés, etc.
Le deuxième orateur était le Dr Mwela, gynécologue obstétricien qui a parlé des conséquences physiques, morales et psychologiques des violences sexuelles. Il a défini la santé comme étant un état de complet bien-être, et non seulement l'absence de maladies et d'infirmités. Pour lui, les violences sexuelles ont un impact important sur la santé de la personne sur tous les plans. Il a cité les conséquences fatales des viols comme le suicide, les maladies sexuellement transmissibles, la mortalité infantile ou maternelle d'une part, et d'autre part les conséquences non fatales comme les hémorragies, les maladies chroniques, les fractures, etc.
Le dernier orateur, l'avocat Singa, a abordé le thème des pesanteurs qui se présentent dans l'accompagnement des victimes de viols. Il a cité, entre autres, la difficulté de payer les frais de justice exigés à la victime ou à sa famille, les arrangements entre la famille de la victime et celle de l'auteur, les conditions de travail difficiles, ainsi de suite. Organisées avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), ces journées se sont déroulées à la Tshangu et à Mont Amba deux jours consécutifs.
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