Port Louis — Une récente expédition de l'entomologiste Brian Fisher à Maurice a révélé l'existence d'une nouvelle espèce de fourmi endémique, la discothyrea berlita. Cette découverte est intéressante à plus d'un titre. Le procès-verbal des débats de l'Académie californienne des sciences (ACS) du 30 décembre 2005 rappelle les ravages causés par les espèces exotiques et met Madagascar en garde contre un sort de même nature.
"En mai 2005, j'ai rejoint une équipe de spécialistes malgaches en fourmis pour une expédition à l'île Maurice. Nous avons effectué un inventaire et une fouille pour trouver des espèces indigènes", raconte l'entomologiste. Il a partagé sa découverte avec l'université de Harvard (Etats-Unis), ainsi qu'avec le British Museum d'histoire naturelle.
La discothyrea berlita a été trouvée sur la face sud-est du sommet du Pouce. Cette cime "capture l'humidité des vents et nuages dominants, ce qui favorise une forêt nuageuse". Brian Fisher considère que là se trouvent "la meilleure forêt indigène, et aussi le plus grand nombre de fourmis endémiques". Ce lieu mérite d'être une priorité en matière de conservation, sans toutefois l'enlèvement manuel de plantes exotiques. Cela "facilite" l'invasion de fourmis étrangères. Maurice compte 18 espèces, dont neuf endémiques, toutes confinées aux hautes terres.
Un extrait du procès-verbal de ACS démontre la pertinence de ses termes : "Maurice a une longue histoire dans l'exploitation, la modification d'habitats et l'extinction. Avec celle du dodo en 1681, 80 ans après l'arrivée des humains à Maurice, les colons ont continué à modifier l'habitat à une vitesse alarmante. Les forêts denses ont été converties en plantations de thé et de sucre au 19e siècle. Maurice est un exemple de ce qui pourrait arriver à d'autres environnements insulaires, tel que Madagascar, si la destruction d'habitats n'est pas freinée."

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