Port Louis — Les ministres Boolell et Sithanen démarrent leur campagne de lobbying à Bruxelles. Ils veulent une aide dépassant les Rs 215 m accordées.
L'industrie sucrière mise énormément sur le financement de l'Union européenne pour sa transformation en une industrie de la canne.
L'industrie sucrière se retrouve au pied du mur. Et la Commission européenne est montrée du doigt. Sa politique de distribution des aides financières aux ACP laisserait Maurice avec un montant dérisoire, même pour la période 2007-2013.
Le pays se retrouverait seul face aux 17 autres membres. Les ministres Rama Sithanen et Arvin Boolell sont en mission d'urgence à Bruxelles pour défendre le dossier mauricien.
En contrepartie à la baisse de 36 % du prix du sucre, l'Union européenne s'engage à dédommager les Etats ACP exportateurs de sucre par des mesures d'accompagnement. Le décaissement se baserait sur le plan d'action proposé.
Maurice a déjà soumis sa feuille de route pour la période 2005-2015, qui requiert un investissement de Rs 25 milliards. L'industrie mise énormément sur ce financement pour réaliser sa transformation en une industrie de la canne.
L'enveloppe avancée pour 2006 est de 40 millions d'euros. Logiquement, en sa capacité de premier exportateur de sucre vers l'Europe, Maurice devrait prétendre à 40 % de ce montant. Or, la Commission, dans un premier temps, souligne que l'éligibilité découlerait de la solidité du plan de réforme propre à chaque pays.
Le nouveau barème communiqué durant la semaine écoulée par la Commission a de quoi donner des sueurs froides. Déjà, la partie mauricienne était insatisfaite des 40 millions d'euros. Sa situation se complique car l'Europe a fixé un seuil maximal de 15 %.
Du coup, Maurice ne se retrouve qu'avec Rs 215 millions (5,82 millions d'euros) sur les Rs 1,5 milliard (40 millions d'euros). Le calendrier de la baisse démarre avec une réduction de 5 % pour 2006-2007, soit un manque Rs 500 millions. Et ce sont de petits producteurs tels que la Guyane, la Jamaïque, voire le Swaziland, qui en bénéficient.
Intense campagne de lobbying
Cette nouvelle qui a surpris le gouvernement, nécessite une rencontre vendredi entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et la chef de la délégation de la Commission européenne, Claudia Wiedey, l'ambassadeur de France, Dominique Renaux et le haut-commissaire britannique, Anthony Goodson.
Le lendemain, c'était au tour du ministre des Finances, Rama Sithanen, et de son collègue de l'Agro-industrie, Arvin Boolell, de se pencher sur cette douloureuse épine qui s'enfonce dans le dossier mauricien. Et ce même soir, ils ont pris l'avion à destination d'Europe pour effectuer une intense campagne de lobbying qui durera une semaine.
La politique de fixer un seuil maximal de 15 % par la Commission pourrait être étendue pour 2007 à 2013, dont le budget est appelé à être ratifié en février par le Parlement européen. A ce chapitre, la Commission postule pour un montant annuel de quelque Rs 7 milliards à l'intention des ACP. Dans l'éventualité que la limite des 15% soit maintenue, Maurice se verrait une fois de plus lourdement pénalisée.
La diplomatie européenne explique que la Commission est dans l'attente de commentaires des Etats membres pour confirmer l'application de cette politique de seuil maximal.
Valeur du jour, Maurice, porte-parole des ACP de surcroît, est la plus pénalisée. Un soutien des Etats ayant de l'influence tels que la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne permettrait de fixer la barre plus haut. En face, les autres pays ACP continueront, sans nul doute, à forcer le lobbying pour obtenir de meilleures parts de finances.

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