3 Février 2006

Cameroun: Dr Eugène Belley Priso : Nous attendons toujours les subventions de l'Etat

interview

Le Dg de l'hôpital général de Douala s'explique sur les difficultés que traverse l'institution.

Qu'est ce qui a motivé votre décision de faire payer d'avance vos patients assurés?

Le contexte de fonctionnement de l'hôpital général de Douala se résume en quelques mots. Il y a dans le budget de fonctionnement de l'hôpital une rubrique recette et une rubrique subvention de l'Etat. Les subventions de l'Etat interviennent pour environ 28% ce qui vous permet de voir tout de suite la place prépondérante des recettes propres dans le fonctionnement de l'hôpital général de Douala. Ces recettes propres, leur taux de réalisation n'est pas toujours de 100% malgré les prévisions budgétaires. Cela dit, je dois ajouter que par rapport au point d'achèvement, l'année 2004 a été très difficile. L'Etat ne peut donner qu'en fonction de ses moyens. Les contraintes étaient que sur 1,63 milliard de Fcfa, on nous a promis 170 millions que nous n'avons pas obtenu jusqu'à ce jour.

Parce qu'il faut le dire, l'Etat a des problèmes de trésorerie. Nous fonctionnions avec à peu près une dizaine de sociétés et nous devions pré financer les soins des personnels de ces sociétés. Il se trouve actuellement que ce chiffre est multiplié par dix. Nous avons une centaine de sociétés pour lesquelles nous devons pré financer les soins des personnels. Avant il y avait un pré financement bancaire pour couvrir ses soins. C'est l'année 2005 qui a déclenché ce choc. Devant cette problématique, nous tenons à assurer la qualité des soins. Nous avons donc pensé anticiper. C'est donc dans ce contexte que nous avons pensé saisir les sociétés avec lesquelles nous avons des conventions et des sociétés d'assurance pour leur exprimer nos besoins. Nous leur avons donc proposé de faire des déposits. L'important est d'assurer la qualité des soins.

Est ce que cette opération ne cache t-elle pas une tension de trésorerie?

Cela ne cache pas une tension de trésorerie en tant que tel de l'hôpital. Non. Il faut pouvoir pré financer les soins de tout ce monde là. Et dans un contexte où les gens ne payent pas vite, comment allait-on procéder ?. Si ces sociétés payaient rapidement leurs factures, cela amoindrirait la chose. Elles font du dilatoire, elles payent selon leur tempérament cela pose problème.

Quelle est la situation de cet hôpital vis-à-vis de ses fournisseurs dont ils seraient en cessation de paiement?

En 2004, nous attendions 1,63 milliards de subventions et pour les raisons que je vous ai communiqué, on nous a promis finalement en fin d'exercice 170 millions pour solde de tout compte, je dis bien solde de tout compte. Et ces 170 millions, nous ne l'ai avons pas obtenus à ce jour. Et entre-temps, on a pris des engagements auprès des fournisseurs qui nous ont aidé à fonctionner en 2004. Alors quand il y a un gap comme celui-là évidemment que ça retombe sur la dette fournisseur.

Il y a quand même des inquiétudes sur la régularité des salaires ...

Les salaires sont régulièrement payés. Nous tenons à une paix sociale dans l'hôpital. Les salaires sont la priorité des priorités. Malheureusement c'est au dépend des fournisseurs.

Certaines sociétés de la place sont en voie de résilier leur contrat avec votre hôpital qu'en dites vous?

Je ne suis au courant de rien. Je dois dire que certaines sociétés ont déjà effectué leur déposit. Au cours de la dernière réunion avec les représentants de l'Asac, il y a eu beaucoup de malentendus. Certaines sociétés d'assurances ont pensé qu'on allait interférer dans leur relation. Les compagnies d'assurances ont estimé que leur principe de fonctionnement est basé sur le remboursement et nous avons beaucoup échangé pendant cette réunion-là, si bien que nous sommes arrivés à une conclusion.

On laisse donc la notion de déposit de côté et les compagnies d'assurances se sont engagées à régler leurs factures dans un délai maximal de sept jours. Et nous leur avons demandé de nous faire des propositions qui garantissent un règlement dans ces délais. Et nous leur avons demandé que leur médecin conseil vienne à l'hôpital et qu'il procède à toutes les vérifications avant que la facture ne parte d'ici.

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