Fraternité Matin (Abidjan)

Cote d'Ivoire: les métiers de la sylviculture

Abidjan — La sylviculture, entendue comme exploitation rationnelle des arbres de la forêt par la conservation, l'entretien et le reboisement est un métier à part entière. Il en crée aussi. Elle est donc créatrice de richesse non seulement pour l'état mais aussi pour les sylviculteurs.

En France, par exemple, la forêt est l'affaire de nombreuses associations et syndicats de propriétaires forestiers Sylviculteurs, d'entreprises d'exploitation et de transformation du bois qui représentent la forêt privée auprès des instances départementales, régionales et nationales tout en jouant le rôle d'informateur et de conseil en matière juridique et social de leur adhérents. Elles contribuent ainsi à l'encrage, en France, du développement durable. Le programme d'Entreprise et Forêt certifiées en France(PEFC) compte une vingtaine d'association : le centre National Professionnel de la propriété Forestière(CNPPF), l'Union pour la coopération forestière française(UCFF), la Fédération Nationale des Synd icats des Propriétaires Forestiers Sylvicultures.

L'Institut pour le développement Forestier, le conseil interfédéral du bois, l'union des Industries du Bois Ces associations et Syndicats mènent des actions vigoureuses d'une part pour augmenter la production du bois parce que " c'est bon pour lutter contre l'effet de serre et aussi pour l'emploi et l'économie locale " et d'autre part pour la consommation du bois en renforçant " l'image du bois comme matériau de développement durable. " Toutes ces actions vouent le bois à un bel avenir. Par exemple, le programme "bois énergie" lancé par les professionnels du bois en 1994 a fait connaître la plaquette forestière utilisée dans les chaufferies un véritable essor. Les chaufferies collectives consomment selon la revue "bois-forêt" de décembre 2003, 5 à 6 millions de tonnes de bois par an. Alors que 1500 chaufferies sont prévues jusqu'à l'an 2006. Dans le domaine de la construction, avec la promotion de " l'esprit bois ", la demand e de maison bois s'accroît. Faisant passer la maison du rêve à la réalité.

L'importance de la forêt en France est aussi liée aux nombreux métiers et emplois qu'elle crée. Nous en avons relevé une vingtaine grâce au net : pépiniériste forestier, entrepreneur de travaux forestiers, ouvrier sylviculteurs, ouvrier bûcheron, commis de coupe, scieur, affûteur, charpentier, chauffeur de grumiers, technicien forestier . Ces métiers sont formalisé et enseignés dans les écoles. Il faut y ajouter un autre métier de plaisance : la chasse. L'Union des Fédérations de chasseurs membre du PEFC compte 1 450 000 chasseurs. En Côte d'Ivoire, le véritable sylviculteur est la SODEFOR, une société d'Etat. Avec la SODEFOR, la forêt et ses produits sont encore la propriété de l'Etat.

Mais l'exploitation forestière es assurée par des sociétés privées. La population ne tire profit de cette politique forestière que dans le défrichement et l'aménagement de la forêt. Occasionnellement. La SODEFOR confie par des contrats aux riverains formés aux techniques forestières des tâches de création de pépinières, de soins aux plantes, d'entretien des pistes d'accès et de surveillance phytosanitaire. Mais elle n'a pas réussi à faire comprendre aux populations que la sylviculture est un métier, que la forêt est créatrice de richesse et d'emplois. Et depuis des décennies nos savanes s'étendent à perte de vue sans rapporter quoique ce soit aux populations qui par ignorance ne se contentent que des vivriers.

Les quelques personnes averties, souvent des intellectuels aux hommes politiques, qui ont planté des arbres se frottent aujourd'hui les mains. En 2001, le Congo a mis fin à la présence de l'Etat dans l'exploitation du bois, sa deuxième ressource d'exploitation. Depuis 2003, il a lancé un vaste programme de création de forêts privées afin d'associer les opérateurs privés à la gestion durable des ressources forestières. L'Union des sylviculteurs de Côte d'Ivoire a du pain sur la planc he. Martial Niangoran

Protection de la biodiversité à Bingerville

La destruction de la mangrove sera stoppée avec l'appui des populations S O S Forêt a lancé le 2 février à Bingerville, un important projet de restauration de la biodiversité qui couvrira toute la côte lagunaire de cette localité. Il s'agira, avec l'implication des populations riveraines de la côte, d'arrêter la dégradation que subit l'écosystème de ces lieux du fait du prélèvement des ressources naturelles notamment la mangrove, vendue pour servir de combustible essentiellement et l'usage des produits organiques persistants (POPS), pour pêcher. Ces activités auxquelles les populations rurales se sont depuis toujours consacrées, ont aujourd'hui pour conséquence d'appauvrir les pêcheries de la zone. En effet, les poissons, les crustacées, les mollusques et autres se sont raréfiés dans le milieu, parce que leur habitat naturel et lieu d'alimentation ont été détruits pendant des décennies.

Le projet dénommé "Restauration de la biodiversité et aménagement des zones humides côtières de Bingerville ", va démarrer pour la phase pilote avec huit des vingt villages qu'il devra à terme toucher. La réhabilitation des mangroves se fera avec des pépinières biologiques. En outre, un observatoire écologique pour la prévention des catastrophes naturelles sera aménagé. Les bénéficiaires du projet auront également la possibilité d'apprendre la production de briquettes à base de sciure de bois, de s'initier à l'élevage-bio de lapin et de volaille dans l'optique de se faire d'autres sources de revenu, en plus des activités de pêche. De même, ils auront l'avantage d'apprendre à fertiliser leurs sols, en plantant les légumineuses que sont les acacias pour ainsi accroître leurs productions agricoles. Jeunes pour la plupart, ces bénéficiaires ont manifesté un réel intérêt au projet en se regroupant dans les différents villages, en organisations communautaires de base.Ils ont notamm ent été vivement exhortés par le point focal du F E M ( fond pour l'environnement mondial ) Mme Koné Alimata, qui les a également assurés de l'appui effectif de son organisme.

Ce projet qui comporte un volet prévention contre le SIDA est exécuté en collaboration avec l'ong BAGBA NATURE . Sa durée de réalisation est de douze mois et son financement est assuré par le F E M dans le cadre du programme de micro financement des projets PNUD/ FEM , ainsi que par le F D F P.

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