Par Nadège Christelle BOWA
16 Février 2006
Le Ve congrès de la Société camerounaise de cardiologie s'est ouvert hier à Yaoundé. Thème de la rencontre : " les maladies cardiovasculaires sous les tropiques ".
Selon le Dr Alain Menanga, cardiologue, lorsqu'on parle de maladies cardiovasculaires, il y a des particularités dès lors qu'on se trouve sous les tropiques. En fait note-t-il, " Il y a des aspects de la pathologie cardiovasculaire notamment en rapport avec les infections, qui n'existent plus en Europe, en Amérique du Nord mais que nous vivons localement.
Il s'agit par exemple du rhumatisme articulaire aigu qui a complètement disparu dans ces régions. Il y a également certains aspects particuliers de pathologie cardiaque qui touchent certaines tuniques du coeur ". Les raisons de toutes ces différences résident d'après ce médecin dans les " particularités locales des parasites. Il y a même des mécanismes d'apparition de ces maladies qui nous sont incomplètement connus. C'est à nous d'essayer de les mettre en lumière ".
Voilà ce à quoi vont s'atteler les cardiologues camerounais en compagnie de leurs confrères venus d'autres pays de l'Afrique et même de l'Europe. C'est à la faveur du 5ème congrès de la Société camerounaise de cardiologie ouvert hier, mercredi 15 février à Yaoundé, sous le thème " les maladies cardiovasculaires sous les tropiques ". Les travaux qui s'achèvent le 17 février prochain portent entre autres sur les maladies trombo-emboliques veineuses en Afrique ; l'hypertension artérielle ; échographie pédiatrique ; la rytmologie ; les cardiopathies congénitales.
Avec des débats sur le coeur et le sport, la mort subite observée chez certains patients. La pathologie cardiovasculaire au Cameroun devient un problème de santé publique. 25 % d'adultes en souffrent et 75 % de patients s'ignorent. Au Chu de Yaoundé, elle constitue 6 % de cas d'hospitalisation. " Vous n'ignorez pas que l'hypertension artérielle peut entraîner des problèmes cardiaques. C'est déjà un problème vasculaire, d onc qui mérite une prise en charge peut-être pas forcément spécialisée, mais une prise en charge tout de même ". Avec l'urbanisation, le mode de vie que les Camerounais adoptent de plus en plus, et qui se rapproche de celui occidental, d'autres aspects de la pathologie cardiovasculaire risquent d'émerger à en croire les cardiologues.
" Par exemple, dans quelques années on va voir émerger la pathologie coronarienne qui entraîne l'angine de poitrine, l'infarctus. Il ne faut pas oublier que le Vih-Sida entraîne aussi des conséquences du point de vue cardiaque " indique le Dr Alain Menanga.
Changer les habitudes alimentaires
Selon le Dr Konin Christophe de l'Institut de cardiologie d'Abidjan, le coût moyen de traitement s'élève à près de un million de Fcfa. D'où l'intérêt de mettre l'accent sur la prévention. A travers la lutte contre les facteurs de risque. Il faudrait aussi contrôler son alimentation notamment en ce qui concerne la consommation de certaines graisses, l'alimentation salée, etc. Ce qui implique la mise en route des campagnes régulières et fréquentes pour sensibiliser la population.
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