Josiane R. Matia
17 Février 2006
Le ministre de la Santé publique a présidé avant-hier la cérémonie d'ouverture du ve congrès sur ces affections.
Les causes de l'augmentation des maladies cardio-vasculaires (MCV) en Afrique, et surtout au Cameroun, sont désormais connues : urbanisation, sédentarisation, tabagisme, vieillissement de la population, accroissement des naissances et surtout, modification de nos modes de vie. Dans son exposé, lors de l'ouverture du Ve Congrès de la Société camerounaise de cardiologie, mercredi dernier au Hilton hôtel, le Pr Muna, président de la dite société n'a pas manqué de le signaler.
Avec conviction. Parce qu'il est convaincu que " nous sommes assis sur une bombe à retardement. Nous sommes au début d'une épidémie de maladies non transmissibles ". S'il y a 25 ans, on affirmait que la prévalence des MCV était inexistante en Afrique, aujourd'hui les chiffres disponibles pour la partie subsaharienne sont effrayants. 9,6 millions de décès par an, une espérance de vie qui ne dépasse pas 49 ans et 38% des malades admis dans les hôpitaux qui sont des victimes des MCV. Des chiffres bien en deçà de la réalité puisque 40 à 75% des malades meurent avant leur arrivée dans les hôpitaux. Ce qui a donc tendance à fausser les statistiques.
Au Cameroun, l'hypertension artérielle et les rhumatismes articulaires aiguës sont les maladies les plus meurtrières. Et des études ont montré qu'il valait mieux vivre dans la province de l'Est plutôt qu'au Sud qui compte plus de 30% des malades. C'est pourquoi l'accent est mis, depuis le début du congrès, sur la prévention de ces maladies silencieuses, mais si meurtrières.
D'où la présence du ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono à la cérémonie d'ouverture des travaux. Ce dernier voulait en effet témoigner de l'intérêt du gouvernement pour les MCV. Il a d'ailleurs rappelé que des améliorations sont en cours pour la prise en charge du diabète par exemple, puisque l'insuline pourrait bientôt coûter 3000 Fcfa par mois. Mais il a aussi signalé qu'il " appartient aux spécialistes de s'approprier un plan d'action et s'assurer de sa mise sur pied pour combattre cette épidémie. L'accent doit être mis sur la prévention primaire et ce sont les professionnels qui doivent donner les outils de cette prévention ". Les travaux s'achèvent ce jour, avec la fin des exposés des spécialistes venus du monde entier et par une visite des stands.
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