Raphaël Mvogo
20 Février 2006
Les candidats à la présidentielle du 5 mars sont en campagne depuis vendredi.
Ils sont vingt-six à briguer cette année la présidence du pays. Parmi les candidats, figurent deux femmes, Marie Elise Gbèdo, avocate et ancienne ministre du Commerce, déjà en compétition en 2001, et Célestine Wetohossou, ancienne directrice de cabinet du président, Mathieu Kérékou. L'on retrouve également dans les rangs, le président de l'Assemblée nationale, Antoine Kolawolé, le président du Conseil économique et social (CES), Raphiou Toukourou, l'ex-président de la Banque ouest-africaine pour le développement (BOAD), Yayi Boni, Richard Sènou, fonctionnaire à la Banque mondiale, et le fils aîné de l'ex-président Nicéphore Soglo, Léhady, premier adjoint au maire de Cotonou (le maire étant Nicéphore Soglo lui-même). Sans oublier Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji, deux poids lourds de la scène politique béninoise.
Au départ, 33 dossiers de candidature avaient été enregistrés le mois dernier par la Commission électorale nationale autonome (CENA). Frappé par la limite d'âge de 70 ans - comme le prescrit la Constitution - le chef de l'Etat, le " vieux caméléon " Mathieu Kérékou, âgé de 72 ans, est hors course. Egalement âgé de 72 ans, Nicéphore Soglo ne pouvait pas non plus être candidat. A l'évidence, c'est un scrutin âprement disputé qui s'annonce le 5 mars. La campagne a été lancée vendredi dernier et son train entrera en gare le 3 mars. Les différents candidats tentent donc de séduire l'électorat depuis le week-end. Il est d'ailleurs à noter que les principales villes du Bénin sont secouées par la fièvre électorale avant même la publication des listes officielles des candidats retenus à la suite de l'examen des dossiers par la Cour constitutionnelle. De nombreux candidats avaient commencé à ériger banderoles et affiches sur diverses places publiques dans leurs fiefs électoraux.
Un climat d'incertitude plane néanmoins au-dessus de l'organisation de cette présidentielle. En effet, la grève des agents électoraux et les difficultés financières de la CENA pourraient compromettre la tenue du scrutin. Les opérations de recensement en vue de l'établissement des cartes d'électeurs ont débuté le 21 janvier pour s'achever le 6 février. Mais, à deux jours de la clôture des inscriptions, les membres de plusieurs Commissions électorales d'arrondissement (CEA) de Cotonou et des environs ont paralysé les opérations de recensement et de délivrance de cartes d'électeurs pour réclamer la hausse de leurs primes journalières. Etabli à près de 20 milliards de dollars dans un premier temps, le budget de la CENA, prévu notamment pour l'informatisation des listes électorales et la création de 5000 postes au niveau des arrondissements du pays, a été divisé par trois par les autorités.
Le président de la CENA, Sylvain Nouwatin, s'est toutefois voulu rassurant, estimant que les électeurs doivent " faire confiance aux institutions ". Jeudi soir, dans une courte déclaration, il a appelé " les candidats à faire preuve de responsabilité et de patriotisme tout au long de cette période électorale " et annoncé que " 3.942.000 électeurs sont inscrits sur les listes électorales ".
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