Fraternité Matin (Abidjan)
Evelyne Aka
18 Février 2006
Abidjan — Le colloque annuel de l'Institut de linguistique appliquée (ILA), qui a débuté mercredi dernier, a pris fin, le lendemain, à l'Université de Cocody.
Plusieurs communications ont été faites sur l'état d'avancement des recherches concernant l'orthographe des langues gouro, beng, mwan, dioula, bété. Une vingtaine d'enseignants et chercheurs ivoiriens, suisses et russes ont participé aux travaux. Des ONG y ont apporté également leur contr :bution. Le thème générique retenu étant : " langues ivoiriennes : la théorie et la pratique", les différents exposants ont fait le point de leurs recherches sur l'orthographe, la lexicographie et la linguistique fondamentale de celles-ci. Les problèmes liés à leur description totale étaient au centre des débats. Les études phonologiques (son), et morphologiques (forme), effectuées sur le terrain et à partir des ouvrages réalisés, ont servi de matières aux spécia-listes. Toutes les langues ivoiriennes sont écrites et des syllabaires ont été réal isés pour la plupart d'entre elles. La difficulté qui apparaît aujourd'hui est celle de l'élaboration des terminologies et de lexiques spécialisés pour toutes ces langues.
Mais avant, les chercheurs doivent résoudre les problèmes liés au marquage des tons (un mot peut avoir plusieurs significations. Mais à l'oral, c'est le ton qui définit le contexte) et surtout à la segmentation. Certains d'entre eux ont posé la question de savoir si l'orthographe des langues ivoiriennes, qui sont tonales, devrait rendre compte de la morphologie ou de la prononciation du mot. M.Tchagbalé ZaKari, enseignant et chercheur, affirme qu'en tant que chercheurs, ils ne rédigent pas l'orthographe de ces langues pour s'arrêter à l'étape du syllabaire. Cette orthographe doit en outre tenir compte des exigences de la lecture. Elle doit être facile à lire et apprendre. Elle répondrait ainsi aux normes de l'alphabet phonétique international (API). Le principe voudrait qu'un son corresponde à un signe. La résolution de tous ces paramètres techniques, aboutirait à la création de dictionnaires pour chacune des langues. Mme Aby Sangaré, la Directrice de l'ILA, qui a fait une présentation sur le "dioula", a relevé que les auteurs naviguaient entre la notation stricte de tons et l'absence totale d'indication tonale. Elle a suggéré comme solution, de noter systématiquement le ton grammatical, plutôt que de considérer que lorsque des mots sont séparés, ce ton existe automatiquement.
Deux jours durant, les spécialistes ont soumis les résultats de leurs travaux à l'expertise de leurs pairs. Le but de tous ces travaux est la pérennité des langues ivoiriennes, qui passe par leur pratique.
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