Fraternité Matin (Abidjan)
Franck Armand Zagbayou
22 Février 2006
analyse
Abidjan — Patrick Simon en décembre 2003, dans un article paru dans le journal Le monde, sur le titre " l'odeur du pétrole, présage de nouveaux conflits en Afrique ", montre comment partout dans le monde, le pétrole, source d'énergie et de richesse, peut être, aussi des flammes de l'enfer.
Le 10 octobre 2003, Idriss Déby Itno inaugure le pipeline Tchad-Cameroun en présence de ses pairs d'Afrique centrale.
Patrick Simon en décembre 2003, dans un article paru dans le journal Le monde, sur le titre " l'odeur du pétrole, présage de nouveaux conflits en Afrique ", montre comment partout dans le monde, le pétrole, source d'énergie et de richesse, peut être, aussi des flammes de l'enfer. Parce que la route du pétrole, des ressources en général, sent souvent un goût de conflits, de sang Que ce soit sur les routes des Balkans, de l'Afghanistan (chemins des oléoducs et gazoducs de l'Asie centrale vers l'ouest), ou de l'Irak, que ce soit pour l'eau du Golan au Moyen-Orient, bien de guerres ont eu lieu, souvent avec en arrière plan l'intérêt des entreprises transnationales.
Y compris lorsqu'il s'agit du temps de la reconstruction où l'on vient refaire ce qu'on a détruit avec à la clé de beaux profits. Et l'Afrique de l'Ouest n'est pas à l'écart de ce constat. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoyait déjà en 2004 , une demande de pétrole avec une augmen tation d'un million de barils par jour, à 79,4 millions et que cette demande atteindrait en 2030 environ 120 millions de barils par jour. Les Russes, les Chinois, les Européens et les Américains qui , pour être moins tributaires des pays arabes, doivent rechercher d'autres lieux. Bien sûr dans le Caucase et l'Asie centrale.
Mais aussi du côté de l'Afrique de l'Ouest, là où de nouveaux conflits surgissent. Ainsi, les milieux pétroliers du Texas comptent-ils beaucoup sur le pétrole de l'Afrique de l'Ouest. Ils n'hésitent même pas à faire pression sur le Congrès américain afin que le Golfe de Guinée qui borde le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée-Equatoriale et le Nigeria, soit déclaré "d'intérêt stratégique vital ".
Cela démontre aussi pourquoi les Etats-Unis s'intéressent plus qu'avant à l'Afrique. Pour eux, la richesse du sous-sol maritime ouest africain a un intérêt certain : il est plus près des raffineries du Golfe du Mexique, soit deux fois moins de temps que le pétrole du Moyen-Orient, avec une économie de 35 cents le baril, selon le Pétroleum Intelligence Weekly. Déjà, le Nigeria, l'Angola et le Gabon assurent 15% de l'approvisionnement en pétrole des Usa et devraient atteindre les 25% dans dix ans
Les réserves de cette région du monde représentent pas moins de 80 milliards de barils. Les investissements dans le Golfe de Guinée seront déjà à 5 milliards de dollars en 2004. Et parmi les promoteurs, on retrouve ExxonMobil, Chevron Texaco, Total Fina Elf, BP, Statoil, Norks Hydro et Shell qui attendent des réserves de 40 milliards de barils vers 2010. Dans cette partie de l'Afrique, le trafic d'armes et les conflits s'intensifient. Dans un rapport en Avril 1998, l'Onu dénonçait déjà la situation. Ces conflits ont été responsables de " plus de la moitié de tous les décès causés par des conflits dans le monde entier " et ont fait plus de 8 millions de réfugiés et de personnes déplacées.
Par ailleurs, le rapport indique que même au lendemain de la guerre froide, les intérêts étrangers continuent de jouer un rôle important dans la plupart des conflits, la rivalité se portant désormais sur le pétrole et d'autres ressources africaines ou encore sur le trafic d'armes, légères ou non, qui rapportent financièrement aux principaux membres du G8. Cependant localement, les ONG dénoncent le fait que les profits n'améliorent en rien le niveau de vie des populations.
Où sont passées par exemple les recettes du pétrole nigérian de 340 milliards de dollars entre 1973 et 2002 alors que les deux tiers du pays vivent en dessous du seuil de pauvreté avec à peine un dollar par jour ? Un article de la " Lutte Ouvrière n° 1808 du 28 mars 2003 " paru dans Le Monde sous le titre " Nigeria : Après avoir pillé et pollué, les trusts pétroliers ferment leurs sites " montre les antagonismes entre les grands pétroliers et les populations à qui on dénie le droit au développement.
Le texte fait remarquer qu'en quelques jours, la plupart des compagnies pétrolières opérant au Nigeria, premier producteur de pétrole en Afrique et sixième producteur mondial, ont annoncé la fermeture de leurs sites de production dans la région du delta du Niger. Ces fermetures décidées par l'anglo-néerlandais Dutch-Shell, l'américain Chevron-Texaco et le français TotalFinaElf devraient entraîner une réduction donc de graves conséquences pour ce pays qui tire de l'or noir 90% de ses recettes à l'exportation. Les compagnies ont justifié leur décision par le climat de violence qui règne dans cette région.
Depuis quelque temps, le delta du Niger est effectivement le théâtre de violents affrontements entre les milices privées des compagnies et l'armée d'une part, et les combattants Ijaws -ethnie majoritaire dans la région- d'autre part. Les combats ont fait des dizaines de morts dans les deux camps. Les Ijaws prennent pour cible les installations pétrolières afin de faire valoir leurs droits ; ils réclament des compensations financières pour les dommages que les compagnies ont infligés à leur environnement.
Depuis des décennies que les trusts pétroliers se sont installés, ils ne se sont pas contentés de piller les ressources de la région, ils l'ont aussi gravement polluée, et plus particulièrement les zones marécageuses du delta, où la pêche constitue la principale activité des populations locales . Et la colère des Ijaws est renforcée par les exactions que perpétuent les forces gouvernementales dans leurs villages.
En effet, ce n'est pas la première fois que les populations laissées pour compte du delta se révoltent et qu'elles se heurtent à une féroce répression. Ken Saro-Wiwa dénonçait les désastreuses conséquences écologiques de l'exploitation pétrolière par la compagnie Shell de l'Ogoniland, dans le delta du fleuve Niger, et il réclamait une redistribution au profit des Ogoni des bénéfices considérables qui en avaient été tirés. Le 21 mai 1994, quatre chefs coutumiers ogoni, favorables à un compromis avec le pouvoir nigérian, furent assassinés par la foule lors d'un rassemblement à Giokoo.
Ken Saro-Wiwa fut arrêté le lendemain, et accusé de meurtre, alors qu'il n'était pas sur les lieux au moment du drame. Les témoins à charge cités lors du procès ont reconnu par la suite avoir été soudoyés. Ces rebellions ont d'ailleurs obligé les trusts pétroliers à faire quelques gestes, soit pour limiter les dégâts faits à l'environnement, soit pour aider au développement local. Le Nigeria, a connu les flammes de l'enfer, mais il n'en va pas autrement pour le Soudan et le Darfour où le pétrole est un enjeu larvé du conflit. L'Occident semble prêt à frapper au porte-monnaie.
Devant le peu d'empressement du gouvernement soudanais à rétablir la sécurité dans la province du Darfour, les Etats-Unis ont fait adopter par l'ONU une résolution dans laquelle ils évoquent des rétorsions sur le secteur pétrolier. L'Union européenne est aussi intervenue dans le même sens. Ces menaces de couper les robinets ne portent pas à conséquence pour l'Europe et les Etats-Unis, qui achètent peu de pétrole au Soudan. Les trois compagnies qui exploitent l'or noir local sont la malaisienne Petronas, l'indienne ONGC Videsh et la compagnie d'Etat chinoise China National Petroleum.
C'est donc essentiellement vers l'Asie que part la manne soudanaise. On comprend mieux alors l'opposition initiale de la Chine à toute forme de sanctions. Une position relayée par le Pakistan, membre depuis peu du Conseil de sécurité, dont la société pétrolière Zafir s'est vue octroyer d'importants droits d'exploitation à la fin août par Khartoum. Dans un pays où les zones pétrolières se trouvent au centre du combat auquel se livrent depuis 1983 le gouvernement et les rebelles du sud, l'exploitation du brut reste très compliquée, ce qui explique la prudence des compagnies occidentales.
La compagnie française Total : elle est concessionnaire d'une très grosse réserve d'exploitation dans le sud du pays, ce qui la conduit à faire preuve de bea ucoup de circonspection dans la crise actuelle. La faible implantation des compagnies pétrolières occidentales au Soudan ne signifie donc pas que l'or noir soit absent des esprits. Comme le rappelle Francis Perrin, rédacteur en chef de la revue Pétroles et Gaz arabes, " Avec une production de 300.000 barils par jour, le Soudan est encore un petit pays pétrolier.
Mais il a un potentiel important et sous exploré ". A peine, plus de la moitié des concessions délimitées par le gouvernement soudanais ont jusqu'à présent été attribué, et il reste encore de quoi exciter la convoitise.
Pour Washington, la fin du conflit Nord-Sud, après le virage opéré par Khartoum en matière de terrorisme à la suite des attentats du 11 Septembre 2001, ouvrait la porte du pays. D'autant que le gouvernement soudanais, incapable d'exploiter lui-même les richesses du sous-sol du pays, est demandeur d'investissements étrangers. L'irruption du conflit du Darfour a contrarié ces projets.
Frustrés des gains espérés, les pays occidentaux avaient choisi dans un premier temps d'ignorer la crise. Quand, au début 2004, Médecins sans Frontière a commencé à tirer la sonnette d'alarme sur la situation au Darfour, l'organisation a d'abord eu la sensation de prêcher dans le désert. Les capitales occidentales n'ont commencé à réagir qu'au moment où il est devenu impossible d'ignorer l'ampleur du drame. Désormais, l'objectif est de résorber la crise dans l'espoir de meilleures conditions pour approcher la manne pétrolière soudanaise.
D'aucuns voudraient sans doute all er un peu plus loin- comme semble le prouver le forcing déployé par Washington aux Nations-unies- et flirtent avec l'idée de se débarrasser du régime de Khartoum pour installer un pouvoir qui permette de sécuriser davantage les investissements. Un pari risqué dans un pays où de nombreux groupes armés et politiques expriment déjà leur mécontentement d'avoir été exclus des négociations Nord-Sud. En cas d'écroulement du gouvernement, les risques d'implosion existent.
Au Tchad, le pétrole divise le Président Idriss Déby Itno et le président de la Banque mondiale Wolfowitz, l'ancien n°2 du pentagone. Au coeur de ce conflit, la rupture désormais consommée entre le gouvernement tchadien et la Banque mondiale au sujet de la gestion de la rente. Au prix moyen de 32 dollars le baril, le pétrole tchadien a rapporté au consortium formé par les compagnies américaines Exxon et Chevron (65% des intérêts) et malaisienne Petronas (35%), la somme de 4,3 milliards de dollars. Sur cette somme , le consortium a versé à ce jour 425 millions de dollars au gouvernement tchadien au titre des royalties, soit environ 10% du total, moins que la part qui lui revient de droit (12,5%). L'opacité des comptes qui ne permet pas d'expliquer pour le moment cette différence est tout simplement la conséquence de la mise du pétrole tchadien sous la double tutelle de la Banque mondiale et du consortium.
Un cas unique au monde qui devait servir d'exemple de bonne entente entre pétroliers, bailleurs de fonds et pays producteurs d'or noir. Hélas, l'accord a tourné court parce qu'il était le fruit d'un diktat. L'exploitation pétrolière, faut-il le rappeler, était jusqu'ici régie par un accord signé en 1999 entre N'djamena et l'institution financière. Mais les accords signés en 1999 et 2000 sont léonins : les besoins de financement (3,7 milliards de dollars) étaient tels que le Tchad a tout cédé en contrepartie d'une part minime. Il a même cédé le droit de gérer comme il l'entend cette part. En juin 2000, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le chantier a démarré en grande pompe pour s'achever-avec un an d'avance-en juillet 2003. Les mois passent, et le Tchad s'aperçoit de sa bévue : l'argent du pétrole lui échappe.
Sans consulter la Banque mondiale, les autorités tchadiennes ont décidé d'apporter un avenant au contrat. Le 29 décembre 2005, l'Assemblée nationale vote une loi qui entérine la modification de cette fameuse règle. La nouvelle loi supprime le fonds pour les générations futures et fait passer de 15%à 30% la part des revenus utilisables directement par le Trésor public sans autre forme de contrôle. En outre, l'essentiel des recettes devait financer des projets dans les secteurs de l'éducation, de la santé, du développement rural, des infrastructures et de la gestion de l'eau.
Les modifications introduites permettent d'étendre à la sécurité et à l'administration du territoire, les secteurs jugés " prioritaires ". Le président de la Banque mondiale se dresse devant Idriss Déby. Il suspend huit projets au Tchad (124 millions de dollars). En Mauritanie, un ancien ministre croupit dans les geôles de la prison pour avoir vendu son âme aux magnats du pétrole.
Le 5 février, le nouveau président de la transition en Mauritanie, comme Idriss Déby, son excellence Ely Ould Mohamed Val, a exprimé le refus de Nouakchott d'être " spolié " et sa détermination " à défendre fermement, continuellement et en toutes circonstances les droits du peuple et les intérêts du pays ". On reproche à la firme australienne son " entêtement " à vouloir se prévaloir des quatre avenants au contrat initial de partage de production pétrolière liant les deux parties.
Signés par Zeidane Ould Hmeida, ex-ministre de l'ancien président Maaouiya Ould Taya (renversé le 3 août 2005), ces textes additifs sont récusés par Nouakchott en raison de leur " illégalité ", mais aussi de " l'énorme préjudice " qu'ils portent aux " intérêts nationaux ". Ces avenants introduisent de substantielles modifications en allégeant les mesures de protection de la flore et de la faune maritime ,en minorant la fiscalité pétrolière, en réduisant la part de l'Etat du profit-oil, en écartant les opérateurs nationaux du secteur pétrolier et en déchargeant Woodside d'importants travaux d'exploration. Les autorités mauritaniennes ne pouvaient que difficilement s'accommoder d'une telle situation.
D'autant que leur pays deviendra cette année le dixième pays producteur africain, produisant trente fois moins que le premier (le Nigeria), mais presque autant que le Cameroun (80.000 b/ j ) et plus que la Tunisie (67000 b/j). L'avenir est toutefois autrement plus prometteur si l'on en croit les divers échos qui parviennent de la vingtaine de compagnies qui participent à la recherche de l'or noir dans les bassins maritimes ou terrestres.
L'impact de cette manne pétrolière se fera sentir cette année dès 2006 avec, selon le Fonds monétaire international, un taux de croissance économique de 26,9% en termes réels (inflation déduite), contre 5,4% en 2005. Le chiffre d'affaires de l'activité pétrolière devrait atteindre entre 850 millions et 1 milliard de dollars (pour 18,6 millions de barils exportés).
L'Etat compte engranger - fiscalité et royalties- 180 millions de dollars, soit 22,5% de ses recettes totales en 2006. Les nouveaux enjeux énergétiques et ses con séquences pour le Cachemire ne doivent pas être occultés. Après l'échec russe en Afghanistan dans les années 80, la fin de la guerre froide et l'indépendance retrouvée des républiques d'Asie centrale, les USA jugeront fréquentables le mouvement Taliban en Afghanistan selon de la stabilité politique nécessaire à la construction du gazoduc entre Turkménistan, le Pakistan et l'Asie du sud (par l'intermédiaire de la compagnie UNOCAL).
C'est à cette époque que le Cachemire a commencé à ressentir le contrecoup de la politique de Talibanisation des territoires afghans, une politique soutenue on le sait, par le Pakistan et indirectement par les Etats-Unis. Mais c'est l'éveil de la Chine et sa gourmandise en énergie qui pèsera probablement sur le conflit du Cachemire. Côté chinois, les enjeux énergétiques sont d'ores et déjà énormes. En 2012, la Chine aura doublé sa consommation de pétrole.
En 2030, elle sera probablement la première puissance économi que du monde ( devant les Etats-Unis) et le premier ou deuxième consommateur mondial de pétrole brut alors que les 2/3 des réserves mondiales se trouvent dans la péninsule arabique (d'où l'actuel intérêt des USA pour les gisements d'Irak, l'avenir économique des Américains se construit aujourd'hui). La croissance de la Chine va provoquer une tension inédite sur le marché mondial de l'énergie fossile, pour le pétrole mais aussi pour le charbon qui couvre pour l'instant les 2/3 des besoins en énergie de la Chine.
INTER'VUE/ LES FLAMMES DE L'ENFER
De tous temps, l'énergie est une ressource hautement stratégique qui, au cours de l'histoire, a su distribuer les conflits au gré de sa répartition géographique. Patrick Simon ne croit pas si bien dire également et pense moins exprimer autre pensée en relevant que la route du pétrole, des ressources en général, sent souvent un goût de conflits, de sang.
Cela est aussi vrai pour le Cachemire, les Balkans, l'Afghanistan, le Moyen-Orient que pour les pays de l'Afrique comme le Congo Brazzaville, le Tchad, la Mauritanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Libéria, la Sierra-Léone, le Soudan et pourquoi pas pour la Côte d'Ivoire. Les grandes puissances et les puissances émergentes au nom du développement de leurs industries mènent toujours une course effréné pour la conquête de nouvelles sources d'énergies et de ressources hautement stratégiques.
Comme des pieuvres, elles recherchent, au nom du concept de la mondialisation qu'elles ont cré é de toutes pièces, à privatiser toute l'économie du monde. Sans même concéder aux pays dont elles pillent les ressources et polluent l'environnement, le moindre droit au développement. Au Nigeria, le delta du Niger est un éternel brasier. Dans ce pays, le pétrole produit depuis des années, des flammes de l'enfer.
Depuis des décennies que des trusts pétroliers se sont installés, ils ne se sont pas contentés de piller les ressources de la région, ils l'ont aussi gravement polluée, et plus particulièrement les zones marécageuses du delta, où la pêche constitue la principale activité des populations locales. Et la colère des Ijaws est renforcée par les exactions que perpétuent les forces gouvernementales dans leurs villages.
Le 21 mai 1994, quatre chefs coutumiers Ogoni, favorables à un compromis avec le pouvoir nigérian, furent assassinés par la foule lors d'un rassemblement à Giokoo. Ken Saro-Wiwa, du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni, fut j ugé et pendu par le régime du général Abacha. Au congo Brazzaville, une guerre civile financée par la France grâce Elf a chassé, le président Lissouba démocratiquement élu, du pouvoir pour un régime qui lui est acquis et qui préserverait ses intérêts pétroliers. Hissène Habré a été également chassé au Tchad au profit de Idriss Déby.
En Mauritanie, le président Maaouiya Ould Taya n'a pas échappé au châtiment de la France qui le jugeait trop proche des Américains, de la Libye et d'Israël alors qu'elle lorgnait ses ressources pétrolières. En Côte d'Ivoire, le président Laurent Gbagbo qui veut donner aux Ivoiriens de vivre des richesses de leurs sous-sol (pétrole, diamant, manganèse), est un empêcheur de tourner en rond et qui pousse loin son outrecuidance en voulant renégocier les contrats commerciaux français une fois leurs termes échus.
Depuis trois ans , on lui a collé une rébellion et toute la communauté internationale mais il s'accr oche tant bien que mal à un siège éjectable. Ces puissances économiques pour qui le monde des affaires n'a aucune éthique, foulent aux pieds les souverainetés des pays avec lesquels elles passent même des contrats et des marchés. Elles tentent maintenant, en achetant la conscience des ministres, d'abuser les peuples. Comme au Tchad et en Mauritanie. Elles s'offrent, vu les économies nationales sous perfusion et incapables de financer leur développement, des contrats léonins au détriment des populations.
Le pétrole tchadien a été mis sous la double tutelle de la banque mondiale et du consortium des compagnies américaines EXXON et Chevron qui détiennent 65% des intérêts. D'octobre 2003 à décembre 2005, les recettes totales du pétrole tchadien ont été de 4,26 milliards de dollars. Davantage que le coût total du projet qui était de 3,7 milliards de dollars (2000-2003), un peu plus que le coût initial prévu (3,5 milliards). En Mauritanie, la firme aust ralienne Woodside avec la complicité de Zeidane Ould Hmeida, ancien ministre du président déchu a bénéficié de quatre avenants qui introduisaient des modifications profondes au contrat initial.
Ces modifications allégeant les mesures de protection de la flore et de la faune maritimes, en minorant la fiscalité pétrolière, en réduisant la part de l'Etat du profit-oil, en écartant les opérateurs nationaux du secteur pétrolier et en déchargeant Woodside d'importants travaux d'exportation. Les nouvelles autorités mauritaniennes qui ont découvert cette supercherie ont refusé de voir leur pays spolié.
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