Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: démoustication : 18 réunionnais, médecins, militaires et responsables de la préfecture ont débarqué au grand port à bord d'un transall

Nirina R.

25 Février 2006


« L'ennemi à abattre, c'est le moustique ». Tel est le nouveau slogan adopté par le comité ad hoc inter ministériel mis en place pour lutter contre la Dengue à Toamasina. En effet, après la découverte en mi-février de 1000 cas de fièvre due à l'arbovirose dans la capitale Betsimisaraka, le gouvernement a décidé de lancer une campagne de démoustication.

La stratégie pour ce faire sera axée sur la lutte contre les vecteurs, c'est-à-dire les « Aedes Albopictus », ces moustiques silencieux qui piquent de jour, contrairement aux bruyantes anophèles qui font des piqûres nocturnes. Il s'agit ainsi de faire un quadrillage des zones pour une aspersion d'insecticide. Et ce, outre la surveillance épidémiologique, la dispense de soins gratuits aux plus démunis ainsi que la distribution gratuite de moustiquaires imprégnés. Ces aspersions vont ainsi se faire au niveau des Comités d'hygiène et de salubrités publiques par Fokontany qui seront mis en place à partir d'un comité de pilotage de la Province. Aspersion intra-domiciliaire, en dehors et dans l'enceinte des bâtiments publics et privés. Une approche commune sur la fièvre, qui constitue une stratégie certes d'urgence mais qui va être systématisée en saison de pluie dans cette partie Est de la Grande Ile. Quatre politiques vont ainsi être mises en place dans l'Est, le Sud, le Nord et le Centre, en fonction des climats.

Echanges

Aussi, des matériels et appareils de pulvérisation se sont-ils avérés nécessaires. Dans ce sens, les Réunionnais ont apporté hier sur place des pulvérisateurs thermiques pour tuer les moustiques adultes, et des pulvérisateurs à main pour les larves. A noter qu'une pulvérisation peut avoir des effets pendant 6 mois. Ceux-ci ayant été accompagnés de combinaisons de protection, de gants, de callots et de masques. En effet, des échanges d'expériences entre les deux îles ont été également initiés. Ils étaient hier 18 Réunionnais, médecins, militaires et responsables de la préfecture à avoir débarqué au Grand Port à bord d'un Transall. Et parallèlement, une dizaine de personnes, membres du comité ad hoc inter ministériel, se sont envolés hier en fin d'après-midi vers l'île soeur. En tout cas, pour Toamasina en particulier, cette lutte mécanique contre les moustiques sera entamée dans les endroits et quartiers populeux, dans les enceintes des écoles, des prisons, des marchés, des ca mps militaires, des lieux de culte, des boîtes de nuit, des hôtels

Démonstration

Le Premier ministre Jacques Sylla est descendu hier sur place pour diriger une séance de travail sur cette maladie. Une séance à laquelle ont assisté les ministres de la Santé, de la Défense Nationale, de l'Intérieur, du Commerce, de la Population, ainsi que des autorités locales, comme le PDS du Faritany, le Chef de région. Et ce, à l'exception du maire de Toamasina qui se trouvait à l'extérieur. Les chefs de Fokontany et de quartiers étaient également présents pour la mise en oeuvre de la stratégie au niveau des plus petites des instances étatiques mais qui sont les plus proches de la population. Au programme également, une visite à l'Hopitaly Be où 518 malades sont actuellement hospitalisés. La délégation réunionnaise a par la suite effectué une démonstration pour les matériels qu'elle a apportés à l'infirmerie de Garnison. Ce qui a été suivi dans l'après-midi par la désinfection du Bazar Kely, des EPP d'Ankirihiry et d'Anjoma et de leurs alentours. Pour l'heure, selon le ministre de la Santé, Jean Louis Robinson, son département va encore utiliser l'insecticide employé jusque là à Madagascar, le Cypermetrine. Un produit qui peut couvrir une superficie de 250 m' pour 125g dilués dans 10 litres d'eau. Celui des Français sera mis de côté jusqu'à sa maîtrise par les responsables malgaches.

Par ailleurs, un fonds d'urgence sera mis à disposition par l'OMS pour les communications et médiatisations de cette campagne de démoustication. Mais le problème est que Toamasina est une ville constamment sous la pluie, et les rues sont souvent inondées et marécageuses faute de canalisation et d'évacuation. Il y a aussi les canaux de Bezaka et des Pangalanes. C'est dire l'ampleur des travaux à entreprendre !

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