Makon Ma Pondi
28 Février 2006
opinion
Après une sensibilisation assortie de mises en garde véhémentes, le chef de l'Etat est, pourrait-on dire, passé à l'offensive.
Ainsi, la justice vient d'engager des poursuites contre quelques personnalités présumées coupables de corruption, de détournement de deniers publics, de faux et d'usage de faux. Au préjudice de la fortune publique. Il en résulte à ce jour de nombreux responsables interpellés, notamment un ancien membre du gouvernement, trois ex-directeurs généraux et quelques-uns de leurs collaborateurs respectifs.
Cette action vigoureuse, qui a suscité une onde de choc au sein de la classe politique nationale, a surpris de nombreux observateurs. D'abord par son ampleur du fait du nombre relativement élevé des présumés coupables actuellement dans les mailles de la justice. Près d'une vingtaine de personnes, selon des informations recueillies à bonne source. Il y a ensuite la surface sociale et/ou le poids politique des mis en cause dont certains sont d'importants élus locaux, tandis que d'autres appartiennent aux instances supérieures du RDPC. A l'évidence, ces positions enviables n'ont pas suffi pour les mettre à l'abri de leurs démêlés actuels. Ce qui donne un relief tout particulier à l'intensification de la lutte contre la corruption engagée par le chef de l'Etat.
En effet, en prenant des mesures de salut public qui pénalisent ses propres camarades au plan politique, le président Paul Biya a privilégié avant tout l'intérêt général. Même si cela tombe sous le sens, on ne peut manquer de relever la lucidité et le courage politique qui caractérisent cette démarche. Répondant à une insistante sollicitation de la majorité silencieuse qui, manifestement ne se satisfaisait plus d'une sensibilisation sans grand impact sur les criminels à col blanc, le président de la République a fait passer la lutte contre la corruption à la vitesse supérieure. Pour l'exemple. Mettant un terme à une ère d'impunité au niveau des gestionnaires de deniers publics responsables pour la plupart de cet " enrichissement scandaleux " si nocif pour l'économie nationale et le quotidien des millions de Camerounais.
C'est ce qui explique certainement l'approbation massive provenant du pays profond, toutes couches confondues, suite aux récentes interpellations : leaders politiques et d'association représentants de professions libérales comme citoyens ordinaires expriment leur solidarité et encouragent le chef de l'Etat à poursuivre sans faiblesse l'oeuvre d'assainissement qu'il a entreprise. Pour restaurer les fondements démocratiques que sont l'égalité de tous devant la loi, le travail, le mérite et le respect scrupuleux du bien public. Une chose est sûre : après la révocation de magistrats il y a quelque temps, la campagne d'interpellations en cours va contribuer fortement à remettre les pendules à l'heure.
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