Port Louis — Les éléments d'information fournis par Manaroo sont contradictoires et "far from satisfactory" pour la CNDH. Il devrait remédier à ce problème au CCID aujourd'hui.
Homadeven Manaroo est l'un des officiers qui avaient accompagné Ramlogun de la MCIT au LBDC.
Nouvelle étape dans l'affaire Ramlogun. Le Central Criminal Investigation Department (CCID) devrait procéder, aujourd'hui, à l'interrogatoire du constable Homadeven Manaroo. Cela, suivant les recommandations de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) qui a noté, dans les déclarations qui lui ont été faites par le policier, de multiples contradictions. L'interrogatoire du suspect devrait porter sur ces mêmes contradictions. Il sera accompagné de son avocat, Me Yatin Varma, qui n'était pas libre hier.
Autre exercice faisant suite aux recommandations contenues dans le rapport soumis par la CNDH à l'Attorney general, le 15 février : les sept membres de la Major Crime Investigation Team (MCIT), accusés provisoirement de meurtre (manslaughter), ont participé à une parade d'identification aux Casernes centrales hier. Un des membres de la MCIT aurait été formellement identifié par le détenu Mahaboob comme étant celui qui portait quatre bagues aux doigts.
Mahaboob, qui avait côtoyé Rajesh Ramlogun pendant sa détention à Alcatraz, avait déclaré à la CNDH qu'il avait vu ce policier projeter violemment Rajesh Ramlogun dans sa cellule alors qu'il revenait de sa comparution en cour. Le policier en question a par la suite été emmené dans les locaux du CCID pour être interrogé.
Difficultés à parler
Dans ses conclusions, la Commission avait fait ressortir que le témoignage du détenu Mahaboob concernant l'identité du policier qui avait agressé Rajesh Ramlogun devait être vérifié. Comme elle ne possède pas le pouvoir d'organiser une parade d'identification, elle avait recommandé que la police le fasse.
Rajesh Ramlogun est mort le 14 janvier alors qu'il était en détention policière. Cet habitant de Lallmatie avait été arrêté le 12 janvier par les hommes du surintendant de police Prem Raddhoa dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat des belles-soeurs Jhurry.
Il est décédé à l'hôpital des suites d'une hémorragie inter-cérébrale que le Dr Sudesh Kumar Gungadin attribue, après autopsie, soit à des coups, soit à une chute. Le Dr Amah Charya Gujjalu, médecin légiste à la retraite dont les services avaient été retenus par la famille de la victime, avait assisté à cette autopsie. Il a, lui, déclaré que Rajesh Ramlogun a été victime de brutalités policières.
Le rapport de la CNDH note qu'après son interrogatoire du 12 janvier, Rajesh Ramlogun éprouvait des difficultés à parler. Le laps de temps entre la fin de l'interrogatoire (22 h 15) et l'heure d'arrivée au centre de détention (22 h 58) avait également intrigué les commissaires. Les policiers Lutchmun, Manaroo et Arnasala ont expliqué qu'ils avaient été retardés du fait qu'il avait fallu remplir une charge sheet et que le détenu Ramlogun avait voulu se rendre aux toilettes.
La Commission se demande aussi dans son rapport : "Did Ramlogun sustain injuries between 22 h 15 and 22 h 58 on Thursday 12 January?" Et fait ressortir que : "PC Manaroo's explanations about the entries he made at the MCIT and signed at the Line Barracks Detention Centre (LBDC) are far from satisfactory."
L'enquête dans cette affaire est menée par l'assistant surintendant de police, Heman Jiangi, du CCID. Ce département devrait par ailleurs soumettre son rapport au Directeur des poursuites publiques (DPP) dans les jours à venir.
Sept policiers ont été arrêtés dans cette affaire : le sergent Dishiraj Jagdawoo, le caporal Raffick Madarbux et les policiers Kinsley Potié et Evans Levasseur ainsi que ceux qui avaient conduit la victime au LBDC, aux Casernes centrales, les officiers Homadeven Manaroo, Paramasiven Arnasala et Sudesh Lutchmun. Ils ont tous été libérés sous caution.

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