Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Circulation des armes légères : les femmes s'impliquent dans la lutte

Marième Soda Sarr

10 Mars 2006


Chaque année, 10 milliards de minutions sont fabriquées dans le monde et tuent une personne par minute. Pour libérer le Sénégal, voire l'Afrique, de cette prolifération et de la circulation illicite des armes légères, le Malao a entrepris une campagne de lutte contre les Alcp. Dans le cadre du 8 mars, il a choisi d'impliquer les femmes dans cette lutte, en les faisant participer à une journée de formation.

Les balises d'une antenne nationale de prévention des conflits dans les pays de la sous-région ont été tracées hier, au sortir de la journée de formation organisée par le Mouvement de lutte contre la circulation des armes légères (Malao). Inscrite dans le cadre de la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année, cette journée de formation a porté essentiellement sur le thème "Femmes et armes légères et de petit calibre (Alpc) : défis et promotion de la paix, de la sécurité et du développement". Répondant à un besoin de renforcement des capacités des parlementaires, journalistes, structures de la société civile..., ce programme a été mis en place depuis novembre dernier par le Malao, dans sa mission de renforcer l'implication des citoyens dans la lutte contre les Alpc et leurs conséquences.

Présent au Sénégal depuis 1999, le Malao est une Ong créée avec une prise en compte spécifique de la thématique particulière des Alpc et de leurs conséquences dans le pays. Sur cette même lancée, le Malao a entrepris des campagnes de lutte pour la paix et la sécurité, en appuyant le processus de paix en Casamance et compte «utiliser les femmes dans l'alerte précoce». «On ne peut parler d'émancipation sans la paix et la sécurité», explique le Dr Christiane Agboton Johnson, directrice exécutive du Malao.

Tout au long de cette journée, les débats ont tourné autour de deux communications, à savoir celles de Mme Manga, artisane de la paix en Casamance et de Mme Aminata Mbengue Ndiaye ancienne ministre de la Femme et député à l'Assemblée nationale. Cette dernière a fait un exposé sur sa participation aux règlements de conflits dans plusieurs pays d'Afrique, notamment au Congo. Mme Manga a, pour sa part, partagé l'expérience de sa participation aux négociations pour la réconciliation des villages casamançais.

Ainsi, les participants à cette formation ont pu, à travers les expériences partagées avec ces femmes, retenir l'importance de l'implication des femmes dans la prise de décision. «Les hommes doivent écouter plus les femmes», soutient le député Aminata Mbengue Ndiaye. Selon elle, les femmes ne sont pas bien écoutées.

Pour le moment, le Malao est en train de travailler pour une paix durable, car selon ses membres, «la paix n'est pas un vain mot, mais un comportement».

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