Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Ambositra : les enfants de rue, une situation de plus en plus alarmante

Le marché d'Alakamisy est leur dortoir. certains de ces enfants ont été délaissés par leurs mères. d'autres font l'aumône pour nourrir leurs familles.

Le 9 mars dernier, lors de la célébration de la journée internationale des femmes à Antampovinany-Ambositra, un fait flagrant a été constaté. Plusieurs enfants démunis se trouvaient aux alentours, au cours du dîner réservé aux officiels.

Ces enfants guettaient dans les parages et étaient en quête de nourriture. Certains d'entre eux venaient même à se battre pour ramasser des pots de yaourt vides, sous les yeux des officiels. « Ce sont les enfants oubliés de ces femmes du 8 mars », ont noté ironiquement certains observateurs.

Bottom Ten

Cette situation mérite d'être signalée pour qu'on y attache une attention bien particulière. En effet, c'est l'expression au quotidien de la pauvreté, aussi bien dans la capitale que dans les autres grandes villes du pays. Ce phénomène est en train de prendre de l'ampleur. Et ce, devant une faible réponse de la structure étatique qui ne dispose pas de véritables moyens pour le surmonter. La dernière enquête de la Banque Mondiale, classant Madagascar parmi les 10 derniers pays (Bottom Ten) les plus pauvres au monde (avec l'Ethiopie, la Burundi, le Mozambique, la Guinée-Bissau, le Niger, le Tchad et le Népal ), n'indique d'ailleurs pas le contraire.

Aumône

Le phénomène d'enfants de rue est de plus en plus alarmant actuellement dans la ville d'Ambositra. Ce qui n'était pas le cas peu de temps auparavant. Certains de ces enfants ont été abandonnés par leurs mères. D'autres demandent l'aumône pour nourrir leurs familles. Dans les deux cas, ils dorment tous au marché d'Alakamisy. Et ce, devant des autorités locales, elles aussi, démunies. Ces dernières ont quand même pris l'initiative de ramener certains de ces enfants, dont les cas sont plus graves que d'autres, dans un centre social de la ville d'Ambositra. Interrogé sur la situation actuelle de ces enfants, un des responsables du centre social s'était trouvé dans l'embarras.

Education

« Prendre en charge ces enfants, temporairement, est une chose. Mais assurer leur avenir, en est une autre. L'Etat, garant du droit des enfants, doit aussi prendre ses responsabilités, envers ces personnes vulnérables par des actions concrètes, tant au niveau de la prévention, qu'à l'échelle des appuis aux organisations sociales humanitaires. Ce qui n'est malheureusement pas encore le cas », constate amèrement ce responsable. Il a cité l'exemple d'un orphelinat de la ville de Fianarantsoa, tenu par des religieuses. Cet orphelinat accueille actuellement plus de 600 orphelins. Notre interlocuteur de remarquer que : « dans ce centre, l'éducation des enfants n'est plus une éducation normale.

Il s'agit plutôt d'une éducation de masse ». Ainsi, ce responsable suggère que l'« on doit accorder une importance particulière à ces associations de femmes. Et ce, en finançant leurs projets allant dans l'éducation appropriée des enfants ». L'objectif est que ces enfants puissent jouir plein ement de leur droit et qu'ils ne deviennent pas les délinquants de demain en les délaissant dans les rues.


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