30 Mars 2006

Cameroun: Forêt communautaire : les exploitants interdits d'exporter

Ils se sont réunis hier pour dénoncer l'arrêté ministériel qui vise à lutter contre les coupes illicites de bois.

"C'est inadmissible nous ne pouvons pas continuer à fonctionner comme cela. Que vont devenir nos familles, nos employés. Nous disons non" ainsi s'exprime d'un ton rageur un exploitant forestier. Réagissant à la mesure leur interdisant d'exporter le bois issu des forêts communautaires vers l'occident, les exploitants forestiers nationaux se sont réunis hier, mercredi 29 mars 2006 à Douala. Etaient au centre des débats, l'élaboration d'un mémorandum à l'endroit des autorités, la levée des monopoles des multinationales étrangères sur la filière bois et enfin le lancement des activités de l'association nationale des transformateurs des bois et produits dérivés (Ansat) dans le Littoral.

C'est l'arrêté du ministre des Forêts et de la Faune du 22 mars 2006 enjoignant les opérateurs locaux en possession des titres de vendre leur bois exclusivement dans le marché local qui est venu jeter de l'huile sur le feu. "Depuis trois mois je n'ai effectué aucune opération. J'ai tout misé sur les petits titres qu'on nous dise aujourd'hui que ce n'est pas possible c'est révoltant" déclare Engelbert Mfoulou, exploitant forestier. Ainsi donc, selon les deux textes ministériels, les nationaux ne devront vendre leur bois que dans les marchés de Messa à Yaoundé et Camp Yabassi.

Quand on sait que pour l'obtention et l'exploitation d'une forêt communautaire par exemple, l'opérateur débourse environ 20 millions de Fcfa, c'est légitiment qu'ils parlent de complot à leur endroit. Et même de violation de la loi. "Il n'est écrit nulle part dans la loi que le bois venu des forêts communautaires ne devait être exporté. On nous fait comprendre que ce n'est en seconde et troisième transformation c'est à dire sous forme de meubles que nous pouvons exporter notre bois. Vraiment c'est regrettable".

Interpellé sur la question , un cadre du ministère des Forêts et de la Faune a déclaré que la décision de sa tutelle rentrait dans une campagne mondiale contre les coupes anarchiques et frauduleuses du bois en Afrique. En attendant l'issue de la réunion avec le délégué provincial des Forêts et de la Faune pour le Littoral prévue ce jour, les opérateurs de la filière sont favorables au lancement d'une grève illimitée. Tant les griefs à l'encontre du gouvernement sont nombreux.. Selon Adonis Sokamté, président de l'Association nationale des transformateurs de bois et produits dérivés du Cameroun, l'opérateur débourse en moyenne 200000 Fcfa en moyenne par voyage de son unité jusqu'au port de Douala. Ces derniers mois, le phénomène entretenu par des agents des eaux et des forêts et les forces de maintien de l'ordre a considérablement pris de l'ampleur. Les nationaux dénoncent par ailleurs les suspensions dont ils sont victimes au niveau du port de Douala au profit des expatriés.

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