Port Louis — Les services de douane se transforment.
Les meilleures pratiques mondiales sont au rendez-vous. La lutte contre les délits commerciaux, la facilitation des imports-exports, la collecte des revenus et les opérations de surveillance et d'inspection se feront au moyen d'outils et de méthodes modernes.
Le contrôleur des douanes, Bert Cunningham, a exposé dans les grandes lignes hier son ambitieux plan de modernisation de ce département. Il intervenait lors de l'assemblée générale de l'Association professionnelle des transitaires (APT) à l'hôtel Le Labourdonnais à Port-Louis.
Au coeur de la nouvelle stratégie : la traque des fraudeurs. Mais l'activité commerciale ne doit pas en souffrir. "Nous voulons réduire les distorsions économiques sur le marché en nous attaquant à la contrebande. Tous les commerçants doivent pouvoir travailler dans les mêmes conditions. Nous voulons faciliter la tâche des opérateurs honnêtes tout en visant ceux qui sont à risque", indique Bert Cunningham.
La douane garde un oeil attentif sur certains opérateurs, notamment de la zone franche. "Nous constatons que certaines entreprises de la zone franche importent beaucoup mais exportent peu", fait-il ressortir. Des industriels malhonnêtes ont en effet recours aux facilités de la zone franche d'exportation mais écoulent leurs produits sur le marché local.
Les autorités douanières mettent en place de nouveaux systèmes et procédures. Elles investissent dans des équipements et infrastructures modernes dans le but de réaliser l'objectif d'une world class customs. Au niveau de la technologie, la douane est maintenant équipée de détecteurs de rayon X pour inspecter les conteneurs.
L'informatique s'introduit à grands pas dans l'administration douanière. La paperasse de certification et de déclaration à la douane se fait par voie électronique. Le receveur des douanes annonce que les exportateurs pourront bientôt accéder aux certificats EUR 1 en ligne. Cette démarche attend toutefois l'approbation de l'Union européenne.
D'ici fin 2007, les services douaniers seront relogés dans un bâtiment moderne situé dans la zone portuaire de Mer-Rouge. La nouvelle Customs House sera dotée de plusieurs facilités qui offriront une interface plus efficace et conviviale entre l'administration et les opérateurs (transitaires, courtiers de douane, importateurs et exportateurs )
Lois plus sévères
La douane se met aussi au diapason de nouvelles lois et conventions internationales. Les procédures de vérification et de déclaration à la douane sont en voie de restructuration pour faciliter davantage le commerce international tout en exerçant un contrôle encore plus rigoureux sur le mouvement de marchandises.
Les transitaires et les courtiers de douane ont un nouveau régime réglementaire. Les deux corps de métier devront chacun opérer selon des licences séparées. Les transitaires qui souhaitent entreprendre des activités de déclaration à la douane devront détenir un permis de customs broker.
Des lois plus sévères seront appliquées à tout contrevenant. Mais tout en se disant en faveur des initiatives de réforme à la douane, l'APT s'inquiète des répercussions des nouvelles règles sur la profession. "L'activité de transitaire emploie plus de 2 000 personnes. Il ne faut pas que les nouvelles lois entraînent des pertes d'emploi. Nous souhaitons encore plus de consultations avec le contrôleur des douanes", affirme Gupta Gopaul, président de l'APT.

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