Jean François Channon
31 Mars 2006
Frank Olivier Ndéma Happi, le président du festival de films Yaoundé Tout Court ne peux pas se rendre au festival Cozes à Bordeaux en France dont il est membre du jury. Motif : le consulat de France lui refuse le visa d'entrée en France.
"Je ne comprends pas. Je ne pense pas avoir un problème particulier avec l'ambassade de France au Cameroun. Ni avec un quelconque diplomate. J'ai tous mes papiers en règle, je remplis les conditions pour avoir un visa. Et je vais en France régulièrement invité pour travailler et regagner mon pays. J'ai une prise en charge. Pourquoi me refuse-t-on le visa ? " Dans la voix de Frank Olivier Happi Ndéma, le président du festival de films Yaoundé Tout Court, se lie une forte amertume. Cet homme qui approche la trentaine, né dans la petite ville de Ermont située non loin de Paris la capitale française, ne peut pas se rendre comme prévu à Bordeaux où il est régulièrement attendu par les organisateurs du festival de films Cozes qui doit rassembler du 1er avril au 20 avril dans la capitale de la Gironde des cinéphiles venus des quatre coins de la planète.
La demande de visa qu'il a déposée au Consulat de France à Yaoundé le 27 mars 2006 a été rejetée par les responsables consulaires. Aucune explication ne lui a été donnée. Ce qui déprime ce dernier qui, pourtant semblait être en bon terme avec les responsables de la coopération culturelle française depuis qu'il dirige le festival de films court métrages à Yaoundé : "Depuis que je dirige le Yaoundé Tout Court, j'ai toujours travaillé en étroite coopération avec les autorités françaises de Yaoundé. Il me souvient même que le Service de coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France (Scac) a fait venir Toussaint Tiendebreogo des Bobo Diouf installé au Fenis en France au Yaoundé Tout Court, pour un atelier de formation sur la production cinématographique. Tout s'était bien passé. Je suis un peu étonné aujourd'hui que l'on me refuse le visa d'entrée en France ", se plaint-il.
C'est la quatrième invitation que le Cozes de Bordeaux adresse à Frank Olivier Happi Ndéma. Pour les trois premières fois, chaque fois très occupé, le président du Yaoundé Tout Court, n'a pas pu les honorer. Cette fois, bien décidé à rendre la politesse au Cozes avec qui le festival Yaoundé Tout Court travaille en partenariat (échanges de réalisations, envois de copies de films, etc.), il a dû suspendre de nombreuses activités professionnelles espérant faire le voyage de Bordeaux. Ceci d'autant plus que les organisateurs du Cozes non seulement ont fait de lui un membre du jury de leur festival, mais aussi ont mis dans la programmation le film "la plaine du Logone ", le Grand Prix de la dernière édition du Yaoundé Tout Court et les dix courts-métrages réalisés en février dernier en collaboration avec l'ambassade d'Espagne à Yaoundé.
Pourtant ce ne sont pas les lettres de motivation qui ont manqué. De sources crédibles, le directeur du Centre culturel français de Yaoundé, Yves Bourguignon, aurait envoyé au service consulaire de l'ambassade de France des documents certifiant le travail de coopération et partenariat qui existe entre les Ccf de Yaoundé et de Douala, et le festival que préside Frank Olivier Happi Ndéma. On aurait demandé à ce dernier de formuler un recours. " Le problème est qu'ils ont cacheté mon passeport. Ce qui veut dire qu'après ce refus de visa je ne dois pas me présenter avant trois ans dans une ambassade de l'union européenne pour obtenir un visa Sheigen. Vous imaginez le manque à gagner que cela me cause, avec la suspension de mes activités pour cause de ce voyage envisagé.", se plaint l'infortuné Frank Olivier Happi Ndéma.
Il faut rappeler que l'une des principales résolutions du dernier sommet France-Afrique qui s'est tenu à Bamako indique clairement l'engagement de la France à faciliter la mobilité et la circulation des artistes, hommes de cultures, journalistes et chercheurs, notamment en ce qui concerne l'obtention du visa d'entrée en France.
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