Amine Echikr
18 Avril 2006
«La mentalité des Algériens doit changer» est le mot d'ordre de la visite présidentielle à Constantine.
Le président Bouteflika semble agacé par les plaintes continuelles de certains Algériens qui se complaisent dans l'attente d'un don ou d'une subvention de l'Etat sans se comporter en citoyens responsables. Les mots de Abdelaziz Bouteflika seront durs. Ils seront de la même tonalité qu'il s'agisse d'un directeur de l'exécutif de wilaya, d'un membre de sa délégation ou alors d'un ministre non partisan et considéré comme très proche, à l'instar de Chakib Khelil en charge du secteur de l'énergie.
Le président de la République, qui avait déjà mis en exergue la dilution des responsabilités du sommet à la base de la pyramide, n'a eu de cesse de demander des comptes et de rechercher les responsables des retards ou des détériorations de certaines infrastructures. Tout le monde en aura pris pour son grade et chacun mis devant ses responsabilités.
La réalité des comportements des Algériens n'est pas à la hauteur des ambitions de l'Algérie, semble être le fond de la pensée de Abdelaziz Bouteflika qui appartient à une génération qui rêvait d'une autre Algérie et d'Algériens du même niveau d'éducation et de culture que les puissants de ce monde. Il fixera les responsabilités des uns et des autres en commençant par la France coloniale responsable de l'acculturation des Algériens. Que cela soit pour les massacres du 8 mai 1945 ou pour le refus de la réhabilitation du tombeau de Massinissa, Abdelaziz Bouteflika y voit la volonté de l'ex-puissance coloniale de détruire de manière irrémédiable l'identité algérienne.
«La mentalité des Algériens doit changer» est le mot d'ordre de la visite présidentielle à Constantine. Le président Bouteflika semble agacé par les plaintes continuelles de certains Algériens qui se complaisent dans l'attente d'un don ou d'une subvention de l'Etat sans se comporter en citoyens responsables. Les mots de Abdelaziz Bouteflika seront durs. Ils seront de la même tonalité qu'il s'agisse d'un directeur de l'exécutif de wilaya, d'un membre de sa délégation ou alors d'un ministre non partisan et considéré comme très proche, à l'instar de Chakib Khelil en charge du secteur de l'énergie.
Le président de la République, qui avait déjà mis en exergue la dilution des responsabilités du sommet à la base de la pyramide, n'a eu de cesse de demander des comptes et de rechercher les responsables des retards ou des détériorations de certaines infrastructures. Tout le monde en aura pris pour son grade et chacun mis devant ses responsabilités.
La réalité des comportements des Algériens n'est pas à la hauteur des ambitions de l'Algérie, semble être le fond de la pensée de Abdelaziz Bouteflika qui appartient à une génération qui rêvait d'une autre Algérie et d'Algériens du même niveau d'éducation et de culture que les puissants de ce monde. Il fixera les responsabilités des uns et des autres en commençant par la France coloniale responsable de l'acculturation des Algériens. Que cela soit pour les massacres du 8 mai 1945 ou pour le refus de la réhabilitation du tombeau de Massinissa, Abdelaziz Bouteflika y voit la volonté de l'ex-puissance coloniale de détruire de manière irrémédiable l'identité algérienne.
Lorsqu'il visitera des chantiers de réalisation de logements (sous quelque formule que cela soit NDLR), il insistera sur la responsabilité des habitants pour entretenir leurs lieux de vie et leur amélioration. En observant les rejets gazeux de la cimenterie de Hamma Bouziane, il interpellera différents membres du gouvernement pour que l'environnement soit préservé. Et en entendant les réponses des membres de son gouvernement, il demandera à ceux que les responsabilités soient fixées déplorant que le ministère de l'Industrie ne «serve à rien» dans pareille situation.
Les exemples ne manqueront pas au président de la République. Les comportements qui ne servent ni l'Algérie ni les Algériens seront évoqués au fur et à mesure que les inaugurations et les pauses des premières pierres se succèderont. Bouteflika, très en verve, passera du «Ciao Bello» à la destination des jeunes qui rêvent de visas pour quitter l'Algérie vers un ailleurs qu'ils pensent meilleur en passant par les citoyens qui détruisent des infrastructures communales ou qui manifestent en raison de leur absence de la liste d'attribution de logements. A ces derniers, il dira : «Soyez heureux pour vos voisins et patientez votre tour viendra. On ne peut attendre de réaliser le million de logements pour les distribuer. Nous distribuons au fur et à mesure des réalisations». Toujours sur le thème du logement, le président de la République a ordonné à la justice d'ouvrir des enquêtes sur ceux qui abusent de la largesse de l'Etat, particulièrement ceux qui érigent des gourbis pour pouv oir bénéficier plusieurs fois de logements sociaux et d'en faire commerce. Pour l'alimentation en eau potable ou l'entretien des jardins et superficies entourant les immeubles, le chef de l'Etat renverra les locataires ou les propriétaires à leurs responsabilités. Il aura aussi un mot pour ceux qui se lancent dans l'auto construction : «Comment peut-on débuter la réalisation d'un logement en 1990 et laisser les façades dans cet état. Construisez suivant vos moyens. Un niveau suffit parfois et améliorer votre intérieur», dans une réaction de bon père de famille.
Il en a été ainsi à chaque point d'une visite très attendue par un microcosme constantinois focalisé sur les questions de préservation du patrimoine et de la lutte engagée par le Wali contre la tutelle de la culture et certaines associations de la ville des ponts. Le point d'orgue en la matière a été sans contexte la «réhabilitation» du tombeau de Massinissa qui a vu Mme Khalida Toumi se tenir à l'écart de la cérémonie en raison de son désaveu de la démarche initiée par la wilaya en la matière. Pour Mme Toumi, le projet n'a pas reçu l'aval de la tutelle et n'a pas été effectué dans les règles qu'impose une telle réalisation. Pour l'archéologue en charge du dossier et dans ses explications au président Bouteflika, les canons de la science en la matière ont été suivis. Une situation irritante pour un Abdelaziz Bouteflika qui, à l'occasion, a tenu à garder son calme et demande à ce que la science soit le seul moteur de l'action de préservation d'un patrimoine qui appartient à to ute la Nation et qui doit être réalisé dans les délais les meilleurs. L'autre sujet qui agite les Constantinois en matière de patrimoine, est la destruction ou non de la prison de Coudiat et de la brigade de Gendarmerie pour permettre le passage d'un tramway et la réalisation d'un jardin public qui permettra aux résidents de la ville de respirer. Un sujet qui n'a pas été abordé par le chef de l'Etat mais autour duquel se dessine la même lutte entre à peu prés les mêmes protagonistes que pour le tombeau de Massinissa.
Il en va ainsi de Constantine comme des autres agglomérations algériennes. L'esthétique prime souvent sur l'essentiel. C'est peut être pour cela que Abdelaziz Bouteflika appelle les Algériens à changer de mentalité et d'abandonner leur position de demandeur à un Etat qui entend revenir à ses missions régaliennes et de devenir les principaux acteurs de leur propre vie.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2006 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.