Le Potentiel (Kinshasa)

Tchad: Idriss Déby se retire des négociations sur le Darfour

Kinshasa — Après avoir accusé le Soudan de soutenir la rébellion qui cherche à renverser le régime Déby, les autorités tchadiennes ont décidé de se retirer des négociations de paix sur le Darfour. Ce retrait complique davantage le rétablissement de la paix en Afrique centrale et favorise l'intenfication du conflit dans la région.

La délégation tchadienne s'est retirée dimanche des négociations de paix sur la province soudanaise du Darfour, lesquelles entamées au Nigeria sous l'égide de l'Union africaine (Ua), après la rupture des relations diplomatiques entre le Tchad et le Soudan, a indiqué le chef de la délégation tchadienne, Habib Doutouma.

Le Tchad avait participé comme médiateur dans les efforts de paix au Darfour où trois ans de conflit entre rebelles et forces du gouvernement soudanais ont provoqué au moins 300 000 morts et deux millions de déplacés.

Le Tchad a rompu vendredi ses relations diplomatiques avec le Soudan en l'accusant de soutenir la rébellion armée qui a tenté de renverser le pouvoir du président Idriss Déby Itno.

En représailles à l'attaque rebelle de ces derniers jours, le président tchadien a menacé d'expulser quelque 200 000 réfugiés du Darfour installés côté tchadien à la frontière du Soudan. Mais le pire c'est l'intensification de la crise qui se profile à l'Horizon.

INTENSIFICATION A VUE DE LA CRISE

Les cours des événements au Tchad inquiètent plus d'une personne qui redoutent l'intensification de ce conflit dont les racines se trouvent dans l'exploitation de l'or noir et les affinités ethniques des peuples installés à travers les frontières soudanaises et tchadiennes.

Le bras de fer Déby-Banque mondiale entre dans une autre phase avec les menaces du régime de N'Djamena de suspendre l'exploitation pétrolière à Doba s'il ne récupérait pas d'ici fin avril 2006 les revenus pétroliers bloqués par cette institution de Bretton Woods. Mais les capitaux étant plus fort que les canons on croit savoir que la médiation qu'offrent les Etats-Unis d'Amérique vont se solder par la victoire de la Banque mondiale.

A noter également que cet or noir qui constitue le nerf de la guerre du Tchad est en réalité américain et malin.

Outre ces Etats susmentionnés, la liste des acteurs probables de cette crise s'allonge avec les voisins du Tchad dont la Libye de Kadhafi et la République Centrafricaine qui a pris officiellement sa position en fermant ses frontières en barrant la route aux rebelles soudanais qui utilisent le territoire centrafricain pour tenter de renverser le régime Déby.

Le Congo démocratique, ce sous-continent de la région n'est pas en reste à cause de son immensité du territoire qui risquera de servir de terre des exils pour les réfugiés tchadiens.

Cette crainte de l'enlisement de la situation de ce pays d'Afrique se précise avec, d'une part, la détermination de Déby de défendre bec et ongles son régime du reste chancelant et, d'autre part avec la désorganisation des forces rebelles qui n'ont pas encore l'unité de commandement, situation qui risque de conduire à la somalisation du Tchad.

Il est donc grand temps pour les Tchadiens et la communauté internationale de prendre des précautions afin d'éviter une guerre régionale aux conséquences incalculables.


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