Port Louis — La Commission anti-corruption entendra d'abord Patrick Rountree et Anil Nemchand de Bel Air S.E. Elle a toute cette semaine pour faire son enquête préliminaire.
Somduth Nemchand n'a pas pris congé de l'Icac car il a déclaré ses liens familiaux avec Anil Nemchand et ne s'occupera pas du dossier.
Les premières auditions de témoins par l'Independent Commission against Corruption (Icac) dans l'affaire de corruption présumée, dans laquelle est cité le ministre Asraf Dulull, sont prévues pour la semaine prochaine.
A compter du moment où le commissaire de police a référé le dossier à la commission - lundi dernier - l'Icac a sept jours pour mener une enquête préliminaire, en vertu de la loi. A la suite de ses conclusions, elle mènera une enquête approfondie sur le dossier concernant ces allégations. Pour rappel, Anil Nemchand, chargé des relations publiques de Bel Air Sugar Estate, a porté plainte en affirmant que l'homme d'affaires Rafiq Peermamode aurait demandé Rs 50 millions de la part du ministre des Terres pour faire avancer le projet hôtelier et d'Integrated Resorts Scheme de la compagnie.
Il est fort possible qu'Anil Nemchand et Patrick Rountree, directeur de cette société sucrière, soient les premiers témoins à être entendus par Roshi Badhain, directeur des enquêtes de l'Icac.
D'ailleurs, la direction de Bel Air S.E. se dit toujours en attente d'une éventuelle convocation de l'Icac pour consigner une nouvelle déposition. La rencontre du 29 décembre au bureau du ministre Dulull en présence de Rafiq Peermamode sera au centre de cette déposition.
La lettre que Mes Dick Ng Sui Wa et Ashley Hurhangee, avocats de l'homme d'affaires, ont envoyée, mardi, au Directeur des poursuites publiques pour objecter à ce que l'Icac mène cette enquête, a suscité une vive réaction à la commission. Cette dernière estime que la demande des avocats ne tient pas la route. La raison qu'elle avance est que Somduth Nemchand, frère d'Anil Nemchand et directeur adjoint de l'Icac, ne sera nullement impliqué dans l'enquête.
Conflit d'intérêts
On affirme également que Somduth Nemchand a déclaré ses liens avec Anil Nemchand pour éviter tout conflit sur cette question. Il n'a donc pas pris de congé. Une certaine confusion a d'ailleurs régné sur cette question. La lettre des avocats de Rafiq Peermamode en fait état. Elle mentionne un congé qu'il n'a pas pris.
A l'Icac, on ajoute qu'aucune correspondance sur ce dossier ne passera par Somduth Nemchand. "Ce dernier ne sera nullement impliqué dans la prise de décision sur ce dossier. Dans cette affaire, il a délégué ses pouvoirs de deputy director à Roshi Badhain, qui cumule aussi les fonctions de directeur d'enquêtes de l'Icac."
Les avocats de Rafiq Peermamode, eux, avancent trois raisons dans leur lettre pour soutenir leur objection à ce que l'Icac mène l'enquête. Premièrement, le fait que Somduth Nemchand soit le frère d'Anil Nemchand. Deuxièmement, il y aurait un conflit d'intérêts potentiel si l'affaire est référée à l'Icac. Troisièmement, même si Somduth Nemchand a pris un long congé de l'Icac, il a toujours le contrôle sur le travail interne et il occupe toujours le poste de directeur adjoint de l'Icac. Cela, disent les deux avocats, cause un préjudice à leur client.
A la suite de la première plainte d'Anil Nemchand, le 3 avril, l'homme d'affaires et le ministre ont nié en bloc les allégations portées contre eux. Le premier a été provisoirement inculpé de trafic d'influence. Le second a été mis hors de cause par la police.

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