L'édition 2006 de la journée africaine contre le paludisme au Cameroun, s'est célébrée par le lancement officiel gratuit du traitement préventif intermittent (Tpi).
Selon le Dr Mboudou de la Faculté de médecine et de sciences biomédicales, la femme enceinte attire deux fois plus de moustiques que celle qui ne l'est pas, à cause de la chaleur qu'elle émet. Comme les enfants de moins de cinq ans, elle fait partie du groupe à risque. Chez celle-ci, souligne ce médecin, "il n'y a pas de paludisme simple. Tout accès palustre est grave. Chez la femme enceinte, le paludisme tue six fois plus que le sida ". Au Cameroun où on estime de 500.000 à 800.000 le nombre de grossesse par an, la malaria est responsable de 15% de l'anémie maternelle soit une femme sur six, environ 10.000 décès par an ; de 5 à 14% de faible poids à la naissance (75.000 à 200.000 décès de nourrissons).
Afin de protéger la mère et l'enfant, quatre axes stratégiques sont indispensables : soins prénatals recentrés avec une éducation sanitaire sur le paludisme ; l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) ; le traitement préventif intermittent (Tpi). A ce suje t, l'Oms recommande de donner au moins deux doses de Tpi à toutes les femmes enceintes après l'apparition des mouvements actifs du foetus. Et la prise en charge des femmes présentant les signes et symptômes du paludisme.
A l'occasion de la journée africaine de lutte contre le paludisme, le secrétaire d'Etat à la Santé publique, Alim Hayatou a lancé officiellement la gratuité du traitement préventif intermittent dans les formations sanitaires camerounaises. C'était à l'hôpital de district de Mvog-Ada à Yaoundé, à l'issue d'une marche qui s'est déroulée du boulevard du 20 mai au site de cet hôpital, contre le paludisme. Il s'agit de comprimés à base de Sulfadoxine Pyrimethamine.
Est éligible à ce traitement, toute femme enceinte qui est au deuxième trimestre de sa grossesse (lorsque la femme sent le bébé bouger dans son ventre). Le but étant de préserver la santé de l'enfant à naître et celle de la mère. Le Dr Raphaël Okala du Programme national de lutte contre le paludisme précise que "ce traitement ne doit pas se donner au premier trimestre de la grossesse.
C'est pour le deuxième et le troisième trimestre et elle doit le prendre au moins trois fois ". Toutefois, il déconseille fortement la pr ise de ce médicament dans un intervalle de moins d'un mois. De plus, il ne faut pas attendre d'être malade. " Parce que dans la région où nous sommes, on a toujours un peu de parasites dans le sang. Et ceux-ci ont une préférence avec le placenta ". Pris normalement, ce traitement permet d'éviter les avortements, la mauvaise croissance de l'enfant, etc.
Afin d'éviter sa mauvaise utilisation, le traitement sera toujours pris en présence du corps médical. On espère que ce dernier que l'on accuse très souvent de nonchalance disposera du temps matériel pour accomplir cette tâche.

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