Le Messager (Douala)

8 Juillet 2005

Cameroun: Concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure : corrupteurs et corrompus sur la sellette

opinion

Les épreuves écrites du concours d'entrée au second cycle de l'établissement se déroulent ce vendredi. Dans une ambiance de haute surveillance mêlée de suspicion.

"Le directeur de l'Ens informe le public et les candidats au concours d'entrée qu'il n'a ni de près, ni de loin, mandaté qui que ce soit, pour percevoir des sommes d'argent en guise de pot-de-vin au titre du concours d'entrée à l'Ens. En conséquence, le directeur met en garde le public et les candidats sur toute démarche dans ce sens, démarche qui ne peut que relever de l'escroquerie et des exactions répréhensibles par la loi. Candidat: préparer le concours et non les enveloppes". Cet extrait de texte est tiré d'un communiqué - signé du directeur de l'Ens, Pr. Mathieu François Minyono Nkodo - affiché sur le babillard de l'institution de formation. L'objectif est d'attirer l'attention des parents et des candidats sur l'arnaque qu'il y a autour du concours d'entrée à l'Ens.

En effet, des individus non encore identifiés arnaquent les pauvres candidats à une formation d'enseignement. Ils promettent une place dans cette institution contre versement de grosses sommes d'argent. Ces scélérats se présentent généralement comme étant des fonctionnaires en service à l'Ecole normale supérieure, et disent être en accord avec le directeur pour de telles opérations. "L'an dernier, une fille est venue pleurnicher dans mon bureau, expliquant qu'elle a versé un million de francs à l'un de mes collaborateurs pour être admise au premier cycle de l'Ecole. Je lui ai donné rendez-vous un jour après, le temps pour moi de prendre des dispositions avec la police pour qu'elle soit appréhendée. Malheureusement, elle n'est plus jamais passée. La loi punit les corrompus et les corrupteurs", se souvient le Pr. Mathieu François Minyono Nkodo.

Malgré les actions entreprises pour traquer les auteurs de telles arnaques, les résultats sont restés insatisfaisants. Mais les autorités de l'Ens redoublent la vigilance et contrôlent tous les gestes des suspects. " Nous affichons ce communiqué presque tous les jours parce que les gens l'enlèvent de peur que le public ne soit sensibilisé. Dernièrement, j'ai surpris l'un de mes collaborateurs avec des étudiants ici à l'Ecole un samedi à 8 heures. Comme j'avais déjà eu des informations selon lesquelles il aurait dans son bureau des registres dans lesquels il porte les noms des étudiants qui payent pour entrer à l'Ecole, j'ai aussitôt perquisitionné son bureau. Mais aucune trace", confie le directeur qui se dit déterminé à mettre fin à cette pratique. Selon nos sources, les étudiants payeraient un million pour l'entrée au premier cycle et deux millions de francs Cfa pour le second cycle. "En tout cas, personne ne réussira sa farce, car nous avons trois secrétariats. Le premier s'occupe de l'anonymat, le second des notes et le troisième des noms. Il est donc impossible pour un individu, de suivre un étudiant", conclut -il.

Prêt pour le concours

Ce vendredi, 4900 candidats vont frapper à la porte du second cycle de l'Ecole normale supérieure, dans les cinq centres (Yaoundé, Buea, Douala, Ngaoundéré et Bafoussam) retenus par le ministère de l'Enseignement supérieure cette année. D'ores et déjà, toutes les dispositions sont prises pour le bon déroulement de ce concours qui s'achèvent le 19 juillet prochain par le passage des candidats pour le premier cycle. Les chargés de mission se trouvent déjà à leurs postes de travail respectifs, les épreuves d'examen ont été expédiées mercredi dans tous les centres, de même que les listes sont déjà affichées pour ce qui est du second cycle. Les candidats qui ouvrent le bal ce vendredi composent en deux matières. Une épreuve majeure de coefficient 4 et une mineure de coefficient 2.

Cette année, le concours a connu quelques innovations. Ainsi par exemple, un centre d'examen a été ouvert à Bafoussam, ce qui n'était pas souvent le cas. Aussi, le centre de Ngaoundéré est passé de 60 candidats pour le second cycle l'an dernier à 223 cette année.

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