Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Traitement : La quinine reste le médicament de référence

Selon l'Organisation mondiale de la santé (Oms), la fièvre est le symptôme le plus fréquent et le critère de base le plus fiable pour le diagnostic du traitement et le suivi du paludisme. La goutte épaisse et/ou le frottis sanguin sont nécessaires pour la mise en évidence du plasmodium. Toutefois leur résultat négatif n'exclut pas le paludisme. Examinée au microscope, la goutte épaisse permet au biologiste d'affirmer la présence de plasmodium et peut également préciser l'espèce de parasite en cause. Ce qui est important pour juger de la gravité potentielle de la maladie et le risque éventuel de résistance au traitement. Le Professeur Pierre Aubry est formel: " aucun cas d'accès palustre traité suffisamment tôt ne devient fatal".

En fonction des résultats du diagnostic, l'on peut observer deux types de paludisme. Le premier cas est dit simple, lorsque le malade ne présente aucun signe de gravité. En plus de la fièvre, l'on constate chez ce patient des frissons, maux de tête, courbatures, douleurs articulaires, des douleurs abdominales chez l'enfant et des troubles digestifs (pertes d'appétit, diarrhée, nausées, vomissements). La posologie est fonction de l'âge, du poids et de l'état général du malade. Le traitement du paludisme simple fait appel à différents médicaments, les antipaludiques, qui possèdent des mécanismes d'action différents. Il repose sur l'utilisation des combinaisons, aspirine et/ou paracétamol, administrées par voie orale. En comprimé, l'Halfan et Fansidar peuvent être pris isolément. En revanche, l'Oms recommande d'associer Arsumax à d'autres médicaments, comme la Flavoquine ou le Camoquin.

L'autre forme de paludisme est dite grave ou compliquée. Son traitement est mis en route dans l'une ou l'autre des situations suivantes : existence d'un ou plusieurs signes de gravité, aggravation sous traitement du paludisme simple. Dans ce cas, la quinine reste le traitement de référence, toujours selon l'Oms. Le traitement doit toujours être débuté par voie parentérale (intramusculaire, intraveineuse) suivi d'un relais des comprimés dès que le malade est capable de boire. Mieux, Serge Tcheubou, médecin en service à la clinique de Koumassi à Douala, conseille, dans ce cas, d'avoir une vigilance plus accrue (hospitalisation). Et que, suivant la gravité du tableau clinique, le patient peut prendre des injections (Surquina, Quinimax ou Paluject).

Dans le cas particulier des enfants de moins de 5 ans, le Dr Tcheubou insiste d'emblée sur le rôle protecteur d'une alimentation en vitamine A. Chez la femme enceinte, les complications aiguës et graves peuvent être observées. D'où l'urgence de la prévention pendant la grossesse (aspersion d'insecticides, utilisation de la moustiquaire imprégnée et, surtout aménagement de son environnement).

Face aux facteurs de résistance au plasmodium, on affirme du côté de la médecine traditionnelle avoir fait des progrès. Sous le contrôle du ministère de la Recherche scientifique, l'herboriste Junior Bekono Meyong dit avoir mis sur pied un anti-paludéen efficace, Paluberk's (combinaison de neuf plantes de la pharmacopée locale). A l'en croire, la prise répétée de ce médicament confère aux patients une immunité naturelle de 9 à 12 mois. Chez " Docteur " Prince Aimé, c'est le même son de cloche. Ce tradi-praticien dit travailler en symbiose avec des médecins modernes pour les premiers diagnostics (goutte épaisse). En cas de résultat positif, ses patients sont soulagés grâce à sa potion naturelle faite à base d'Aloès vera, de quinquina, de citron et des feuilles de manguiers, papayes et goyaviers...


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