Gabonews (Libreville)
Synthèse par Daniel Etienne
13 Mai 2006
N'djamena — Des rebelles tchadiens, interrogés par GABONEWS, disent avoir abattu dans la soirée de mercredi dernier un avion de chasse français de type Mirage qui survolait leur position sur l'axe Goz Beida- Am Timan au sud Est du Tchad. Aucune source officielle n'a confirmé ni démenti cette information laissant cours aux rumeurs les plus folles dans le pays.
Dès jeudi, la rumeur d'un avion français abattu par les rebelles tchadiens avait atteint les rédactions de la capitale tchadienne.
Aucun officiel n'a réagi face à cette nouvelle qui se faisait de plus en plus persistante. Même parmi les chefs rebelles, aucune déclaration officielle n'a été faite.
Jeudi, les sites Internet proches des rebelles notamment Al Wihda donnaient l'information mais sous une forme interrogative.
Dès ce mercredi, il a été noté un important déploiement des militaires français à Am Timan, zone où serait abattu le Mirage. Ceci accréditerait l'information.
Interrogé par GABONEWS vendredi soir, un des chefs de la rébellion qui a requis l'anonymat a reconnu que « nos hommes avaient abattu un mirage Français qui filmait sans doute l'évolution de nos troupes ou qui cherchait à nous pilonner comme ils l'ont fait dans le passé».
« Le Mirage a survolé une première fois nos positions. Nous avons pu entrer en contact radio avec le pilote et lui avons intimé l'ordre de s'éloigner. Mais il nous a fait un pied de nez en nous survolant de nouveau. Alors nous avons ordonné à la DCA de le descendre », a précisé le chef rebelle.
« La DCA a atteint l'avion et les deux pilotes se sont éjectés mais nous les avons capturé », a-t-il indiqué.
Pour l'opposant radical, le député Ngarlejy Yorongar qui a été parmi les premiers à être informé, « la France a demandé aux rebelles de ne pas ébruiter l'affaire parce que des négociations discrètes et directes sont entreprises pour récupérer les pilotes prisonniers. Ce qui explique ce silence total autour de cet avion de combat français abattu par les rebelles».
Jeudi à 22h, le chef de la diplomatie des rebelles, Raoul Laona Gong qui vit en France, a quitté Paris pour Khartoum flanqué de deux agents de la DGSE, a- t-on appris de sources concordantes.
Déjà dans la soirée du mercredi et dans la journée du jeudi, les officiels de l'ambassade de France à Khartoum auraient reçu pendant plusieurs heures les chefs de la rébellion tchadienne notamment le capitaine Mahamat Nour, Abakar Tollimi, le colonel Ali Kedelaye et enfin le général de division Mahamat Nouri, a-t-on appris de sources proches de la rébellion.
Interrogé ce samedi matin par GABONEWS, le ministre tchadien de la communication et porte parole du gouvernement, M. Moussa Doumgor a indiqué que « le gouvernement ne confirme ni n'infirme l'information » avant d'ajouter « j'ai joint le ministre de la Défense mais aucun avion français n'a été abattu par les rebelles. Je n'en ai pas connaissance ».
Jusqu'à ce samedi matin, aucun chef rebelle n'a fait une déclaration officielle relatif à cet avion de chasse français qui serait abattu.
Rappelons que les rebelles, qui avaient attaqué la capitale le 13 avril dernier, disaient avoir échoué à cause du soutien de l'armée française au président Idriss Déby Itno, un soutien reconnu par Paris qui dit avoir tiré « des coups de semonces » contre les rebelles.
Ce même 13 avril, un des chefs rebelles qui s'exprimait sur la RFI, avait déclaré que « désormais nous ferons face à deux ennemis : l'armée française et l'armée de Déby ».
Une semaine après l'attaque de N'Djamena, les rebelles tchadiens avaient reçu une importante quantité de missiles sol-air dont plusieurs de type SAM -7 et SAM-9 et d'autres missiles sol-sol de type RPG-7 et SPG-9 ainsi que d'autres armes lourdes.
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