Reda Cadi
14 Mai 2006
Le patrimoine archéologique égyptien, qui représente le tiers du patrimoine archéologique mondial et dont une grande partie remonte à l'Antiquité pharaonique fait l'objet de vols et de contrebande de la part de réseaux organisés aux plans local et international, avec la complicité de certains responsables du secteur.
1 500 affaires de vol, fouilles illicites et trafic de pièces archéologiques sont traitées par an. Le Haut-Conseil des Antiquités égyptien qui a créé récemment un département de suivi des antiquités égyptiennes vendues aux enchères sur Internet a pu récupérer quelque 2 200 pièces.
Les sites égyptiens sont aussi détériorés par des organismes gouvernementaux. 6 000 cas d'agression ont été enregistrés. La ville moderne d'Assouan est bâtie sur la cité antique célèbre pour ses vestiges pharaoniques, la localité de Aïn Chams, au Caire, est construite sur la ville antique d'Héliopolis, les villes de Akhmim et El Menia sont aussi bâties sur des sites ainsi que le village El Qarna, dans la vallée des Rois.
Le musée du Caire subit, lui, une autre dégradation. On estime le nombre des pièces s'y trouvant à 200 000 alors que celles exposées ne dépassent pas les 160 000. Des pièces, dont seulement 6 000 ont été répertoriées dans de vieux registres aux pages souvent déchirées, rayées ou rectifiées dans les années quarante du siècle dernier, disparaissent.
Ce constat est fait au moment où une exposition sur les merveilles artistiques d'Alexandrie, d'Héraklion et de Canope, les trois anciennes cités immergées de l'Egypte antique, se tient à Berlin avant de rejoindre Paris. «Egypte, trésors enfouis» présente, pour la première fois au public hors d'Egypte, quelque 500 objets, une infime partie des vestiges découverts lors de fouilles archéologiques sous-marines menées depuis 1996 par une équipe composée d'une vingtaine de plongeurs et d'archéologues, de savants et d'ingénieurs électroniciens dans le golfe d'Aboukir et le port d'Alexandrie où les anciennes cités ont sombré peu à peu dans la Méditerranée en raison de phénomènes sismiques, de crues du Nil ou de grandes marées.
Cette exposition, qui retrace 1 500 ans d'histoire de l'Egypte antique, de 700 av. J.-C. à 800 ap. J.-C., avec la période des dernières dynasties pharaoniques, des souverains ptoléméens, des Romains, de l'influence chrétienne et du début du règne islamique, sera présentée au Grand Palais à Paris à partir du 8 décembre. Les ruines mises au jour étaient conservées dans différents endroits en Egypte et devront y revenir à la fin de l'exposition itinérante.
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