Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Médiascopie : en « foot » sérénité

Une sorte de passion belliqueuse semble toujours marquer les débats autour du football sénégalais. A présent que les enjeux s'inscrivent dans le futur, la sérénité se répand petit à petit au sein des acteurs et décideurs du foot national. Personne ne voudrait être accusé d'être le grain de sable qui empêcherait la machine d'avancer. D'ailleurs, celle-ci avait l'air de faire du stationnement permis, en l'absence d'un conducteur à bord, autrement dit d'un entraîneur. Après plusieurs semaines de suspense, celui-ci est désormais connu.

Henri Kasperczak est le nouveau coach des Lions du Sénégal, avec pour adjoint Lamine Ndiaye. Dans l'émission « Aire de jeux /direct des stades », animée par Adama Kandé sur Walf FM, avant-hier, à 17 heures, Joe Diop, président des entraîneurs de clubs de foot, Oumar Seck, conseiller du ministre des Sports, Yatma Diop, ancien du Jaaraf, Momar Ndiaye, premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football et Babacar Khalifa Ndiaye, coordonnateur du Bloc Sports du quotidien Le Soleil, l'actualité du foot a été abordée.

Au menu des discussions, le choix porté sur Kasperczak, les objectifs assignés à ce dernier, l'absence du public dans les stades lors des matches de clubs et encore le respect des textes qui régissent le football national. Amener l'équipe nationale en finale de la Can 2008 et remporter la Coupe d'Afrique sont les résultats attendus par la fédé. A raison de 13 millions de francs Cfa par mois, pendant deux ans, annonce déjà ceux que passionnent le montant du salaire des entraîneurs, la motivation de Kasperczak peut être réelle. Laisser travailler le tandem, c'est le mot d'ordre à appliquer pour tous.

Ramener le public dans les stades, c'est par contre un défi à relever. Solutions proposées : rendre les matches gratuits. Si le spectacle est dans le jeu, le public, la télé et les annonceurs seront de la partie. « Toutes les bonnes montres affichent la même heure », affirme un des participants. Autre solution, faire de la publicité, à l'instar des combats de lutte, autour des rencontres programmées, a indiqué un auditeur. Pour éviter aux clubs de jouer à huit clos, il faut aussi développer la création d'associations de supporters qui peuvent mobiliser 2000 à 3000 personnes, comme c'était le cas auparavant. Lorsqu'un match opposant la JA au Jaaraf se jouait à guichets fermés.

A l'heure du « foot business », il faut respecter les règles de l'économie du 3ème millénaire. Tendre vers la professionnalisation des élites et moderniser l'organisation de tout le système de gestion du sport en Afrique. Tandis qu'une certaine complicité entre la fédération et le ministère sont également à favoriser. Lorsque c'est l'Etat, à travers le ministère des Sports qui prend souvent en charge les frais de déplacement des clubs « ils ne peuvent pas payer et se taire ».

Car « la fédé ne peut fonctionner sans l'Etat », analyse un participant. Enfin, il faut que les journalistes arrêtent de créer de faux problèmes entre le ministère et la fédé. L'animateur de l'émission relève et défend sa corporation. Le caractère inquisitoire des journalistes est fustigé. Eux qui cherchent toujours à savoir « qui a nommé qui », souligne Momar Ndiaye. Le premier vice-président de la Fsf ajoute : « un conseil à nos amis journalistes. Il faut essayer d'être constructifs. La fédération propose au ministère qui entérine ». Un conseil à suivre ? Ou plutôt un appel pour gommer toute critique du champ footballistique sénégalais. A voir.


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