La Tribune (Algiers)

Algérie: Concert classique algéro-greco-canadien à l'auditorium de la Radio algérienne

Farida Belkhiri

23 Mai 2006


Le répertoire de Haydn, de Dragatakis et de Hadjidakis à l'honneur.

Devant une assistance nombreuse, les musiciens ont proposé des compositions classiques variées et universelles, sous la direction de la maestro française Elise Gauthier Villars

Le concert classique animé par la violoniste grecque Stella Tsanis, le pianiste canadien Stephen Ham et l'Orchestre symphonique national d'Algérie a attiré un public très nombreux, dimanche dernier, à l'auditorium de la Radio algérienne.

Organisé dans le cadre de la 7e édition du Festival européen en Algérie, le concert est amorcé par une introduction violon-piano pour exécuter une sonate signée par Demitrius Dragatakis. Le duo Stella Tsanis et Stephen Ham (qui compte à son répertoire vingt concertos et autant de récitals en solo de toutes les sonates de Beethoven, les études de Chopin et des pièces marquantes de Schumann, de Brahms, de Mozart )

interprète en parfaite harmonie les trois mouvements (allegro moderato, andante et presto) de la sonate, suggérant des tonalités aussi légères que sobres.

Pour la deuxième partie du concert, les membres de l'Orchestre symphonique national d'Algérie et des

musiciens grecs se joindront à la violoniste grecque et au pianiste canadien pour rendre hommage à l'oeuvre de l'illustre compositeur Franz Josef Haydn. Dirigé par Mme Elise Gauthier-Villars, une jeune chef d'orchestre française très douée, l'orchestre de cordes propose trois mouvements (allegro, largo, allegro) du concerto de Haydn. Dans cette prestation, le piano et le violon prédominent. Ces deux instruments se donnent la réplique dans un échange complice et complémentaire. L'orchestre de cordes se fait discret tout en s'attardant sur les refrains les plus prononcés. Les musiciens explorent un paysage musical assez complexe auquel seuls des connaisseurs en matière de musique classique peuvent accéder. La dernière partie du concert est consacrée à l'oeuvre du compositeur grec Manos Hadjidakis. D'autres musiciens, flûtistes, guitaristes complètent l'orchestre de cordes pour interpréter le Sourire de la Djoconda. Une composition douce, pleine de fraîcheur, nostalgique et à la quelle les instruments traditionnels grecs confèrent une touche particulière, folklorique. A travers les différentes images musicales illustrant cette pièce (la comtesse Esterhazy, le portrait de ma mère, le concert, les assassins, retour dans la nuit, danse avec mon ombre), les musiciens racontent la solitude d'une femme qui déambule dans une indifférence désespérée dans les rues de New York, sans que personne la remarque. «Les sept images musicales sont teintées de désespoir et de souvenirs. C'est l'histoire d'une femme seule dans la grande ville. Chaque image musicale est un de ses monologues et toutes les images réunies composent son histoire», est reporté sur le programme.

Le Festival culturel européen se poursuit, ce soir à la basilique Notre-Dame d'Afrique, avec l'organisation d'un autre concert classique animé par le quatuor néerlandais Matangui Kwartet.

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