Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Un travail collectif

Rousseau-Joël Foute

24 Mai 2006


Comment relancer les investissements privés au Cameroun ? Telle est la question sur laquelle ont planché hier à Douala, les participants à la 101e assemblée générale du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM).

Il s'agit d'une problématique certes récurrente ces dernières années, du fait notamment du ralentissement des activités dans le secteur productif en 2005, mais également d'une actualité brûlante. Intervenant au moment où l'économie camerounaise cherche à capitaliser tous les bienfaits attendus du franchissement récent du point d'achèvement de l'initiative PPTE, en termes de desserrement de l'étau de la dette extérieure, d'image et d'attractivité sur la scène internationale, l'échange d'hier entre opérateurs économiques, représentants des administrations publiques en charge des problèmes économiques, par ailleurs enrichi par la contribution d'un expert de la Banque mondiale, a revêtu un caractère particulier.

Car au fond, la réflexion entamée, qui va certainemen t être prolongée au cours des prochains jours dans le cadre d'importantes assises annoncées (Comité interministériel élargi au secteur privé et états généraux de l'économie camerounaise), vise une seule chose : rendre l'environnement des affaires plus attrayant, pour les nationaux et les étrangers, de façon à donner un nouveau souffle à l'investissement privé, créateur de richesses et d'emplois. L'Etat est interpellé, en tant que régulateur et facilitateur des activités économiques et sociales, à travers l'administration publique, son bras séculier, qui joue un rôle majeur dans la qualité de l'environnement des affaires. Toutefois, il convient de reconnaître que l'action de tous les acteurs sociaux doit contribuer chaque jour à l'amélioration du climat des affaires.

En effet, comme le souligne très souvent le secrétariat technique du Comité de compétitivité, l'investisseur qui arrive au Cameroun pour prospecter, signer des contrats, concrétiser une affaire, exécuter un march é, construire une usine, vit un certain nombre de réalités qui vont déterminer sa décision d'investir : l'entrée à l'aéroport ; le taxi qui le transporte ; l'accueil à l'hôtel ; l'accès aux différentes autorisations administratives dans les meilleurs délais ; la pression fiscale ; l'accès aux services de l'eau, d'électricité, de téléphone fixe et mobile ; la sécurité dans la rue ; l'accès à l'information économique ; la disponibilité du personnel qualifié ; la fiabilité ou mieux, l'honnêteté des partenaires d'affaires locaux ; le respect des engagements contenus dans les contrats ; la protection juridique de son investissement ; la qualité de la justice rendue ; la qualité des autres institutions d'appui ; la qualité des routes, support physique des échanges ; la rapidité des opérations d'importation et d'exportation via le port autonome de Douala, etc.

Comme on le voit, l'amélioration du climat des affaires est avant tout, contrairement à ce que d'aucuns pourraient penser, un travail collectif qui n'épargne aucun maillon de la chaîne sociale.

Mais, il est bon de garder à l'esprit les principaux freins à l'investissement privé au Cameroun, tels que présentés par l'édition 2005-2006 du Rapport mondial sur la compétitivité, publié par le Forum de Davos : l'accès aux financements, la corruption, le taux d'imposition, l'inefficience de la bureaucratie de l'administration publique, l'inadéquation de l'offre en infrastructures, la réglementation fiscale, l'éthique du travail médiocre de la population active, inadéquation de la main-d'oeuvre instruite, etc. Des données à prendre en compte dans l'élaboration d'une stratégie efficace de promotion des investissements privés.

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