Hamidou Sagna
24 Mai 2006
Trouver des semences et des intrants est la quadrature du cercle pour les cotonculteurs bissau-guinéens et la Société guinéenne de coton qui ne file plus rien depuis trois ans. Pour la sortir de sa léthargie et relancer la filière chez eux, les cotonculteurs de Bissau se sont tournés vers la Sodefitex.
KOLDA - L'or blanc a disparu des campagnes de la Guinée-Bissau depuis trois ans. Une situation qui a imposé le silence aux machines de la Société guinéenne de coton. Sa production tournait autour de 10 000 t par an. 'On ne travaille pas depuis plus de trois ans à la Société guinéenne de coton', se désole Mamadou Aliou Diallo, membre de la direction de l'usine. Elle partage cette infortune avec les cotonculteurs bissau-guinéens. La filière se débat en Guinée-Bissau dans des difficultés à trouver des semences et intrants.
Pourtant, selon Thierno Mamoudou Baldé, président de l'Association des cotonculteurs de Guinée-Bissau (Aga), 'un producteur peut gagner jusqu'à un million de francs Cfa par an !', annonce-t-il, ajoutant que son organisation est forte de douze mille membres. 'Chez chaque membre, on peut trouver six personnes', révèle le président de l'Aga. Et d'ajouter que le coton fait vivre son homme en Guinée-Bissau.
Dans la catégorie des cultures de rente, le coton est classé deuxième après la noix d'acajou. Pour tirer la filière de la léthargie, les cotonculteurs associés à des techniciens du coton ont ainsi créé l'Aga. 'En vérité, cette association est née de la pression des producteurs se trouvant pour l'essentiel à Bafata et à Gabou. Depuis 2003, les paysans ne produisent pas de coton, faute de financements et de partenariat', déplore M. Diallo.
Sitôt portée sur les fonts baptismaux, l'Aga s'est tournée du côté de la Sodefitex de Kolda et de Tambacounda dans l'espoir de trouver auprès de cette société les moyens de relancer la filière en Guinée-Bissau. Selon Mamadou Aliou Diallo, membre de la délégation de l'Aga, le voyage a été fructueux. 'Car la Sodefitex s'est engagée à nous fournir un appui en intrants et en semences', précise-t-il. 'Pour cette année, l'appui pourrait être bien modeste en raison de l'imminence des pluies. Mais il y a aussi que les intrants de nos partenaires seront commandés à l'extérieur', explique Mamadou Aliou Diallo. Et comme si l'Aga se trouvait sur une bonne étoile ces jours-ci, les cotonculteurs bissau-guinéens seront les hôtes du président de l'Association des producteurs de coton africains (Aproca) accompagné de Moussa Sabaly, président de la Fédération nationale des producteurs de coton du Sénégal (Fnpc). ' Nous leur dirons à nos hôtes notre souhait d'avoir des partenaires et les problè mes liés à la formation de nos cadres', alerte Thierno Mamoudou Baldé. La filière en a vraiment besoin pour rompre l'image d'un pays rongé par la guerre et l'instabilité politique.
La Sodefitex a, à l'apparence, bien entendu le cri de détresse des cotonculteurs de la Guinée-Bissau. Il reste à souhaiter que leurs hôtes se fassent l'écho de leur complainte dans les fora internationaux.
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