30 Mai 2006
Le quotidien américain à grand tirage The Washington Post, dans son édition d'hier, a rendu hommage à la grande chanteuse algérienne, la mami du raï, chikha Rimitti, décédée le 15 mai dernier à Paris, des suites d'une crise cardiaque. Chikha Rimiti était considérée comme la reine du raï, lit-on dans l'article illustré d'un portrait de la défunte pris lors de son second concert, en 2002, (elle y avait chanté aussi en 2001), au Central Park Summer Stage, de New York.
Pour Jon Pereles, l'auteur de l'article, chikha Rimitti, qui s'est toujours opposée aux tabous, chantait de façon audacieuse et sans détours sur tous les maux sociaux, la misère, la sexualité, les ravages de la boisson, l'oppression et aussi sur l'indépendance, et sa voix agressive, profonde et aguerrie a fait d'elle une star internationale.
Revenant sur quelques étapes de la carrière de la grande diva de la chanson populaire algérienne, depuis ses débuts, dans les années 40, après son départ de Sidi Bel Abbès, sa région natale, et son installation à Relizane, le journal relève qu'elle a depuis, écrit des centaines de chansons et de complaintes qui racontent les difficultés de la vie, mais aussi les tragédies du colonialisme et le dur quotidien des petites gens. Devenue hadja en 1976 après un pèlerinage aux lieux saints de l'islam, et installée à partir de 1978 dans la capitale française, chikha Rimitti perfectionnera sa musique et son chant, qui prendront de plus en plus d'ampleur et d'audience à l'échelle internationale, surtout après la déferlante du raï, dans les années 1980, en Europe et aux Etats-Unis.
Chikha Rimitti a été redécouverte par la world music dans les années 1990 et ses albums travaillés selon les normes musicales modernes gagneront plus d'audience et de succès, note le critique du Washington Post, citant son album Sidi Mansour, réalisé en partie dans les studios parisiens et de Los Angeles, et sorti en 1994 avec des morceaux du guitariste américain Robert Fripp des King Crimson et de Flea, le bassiste du groupe Red hot chili peppers'.
Chikha Rimitti aimait à répéter que quand elle chante elle ne triche pas et donne tout ce qu'elle a dans le coeur et le corps, souligne l'auteur, indiquant que la défunte a sorti récemment, à Oran un dernier album N'ta Goudami, comme un dernier hommage à une carrière riche qui ne cesse d'inspirer et de guider des générations de jeunes artistes.
Par ailleurs, le quotidien new-yorkais The New York Times avait réservé dimanche dernier une de ses critiques, dans son supplément sur les livres Book review, au dernier titre de Yasmina Khadra the Attack, sorti récemment en traduction anglaise aux Etats-Unis.
APS
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