L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Réforme des lois du travail : Coup d'envoi pour la campagne syndicale

Port Louis — Toolsiraj Benydin s'est exprimé devant 300 travailleurs, hier.

Tracts, affiches, démonstration de force le 3 juin, protestation auprès du Bureau international du travail concernant la remise en question des droits acquis des travailleurs. Les syndicalistes sont décidés à forcer le gouvernement à faire marche arrière sur le démantèlement du mécanisme de compensation salariale et la mise sur pied du National Wages Council (NWC).

Le coup d'envoi de la campagne de mobilisation de la plate-forme syndicale est donné hier pour protester contre la réforme des lois du travail. Munis de pancartes et d'oriflammes, quelque 300 travailleurs du secteur public et privé se sont regroupés au rez-de-chaussée d'Emmanuel-Anquetil Building, Port-Louis, pour dire non à la «compensation dérisoire de Rs 135», au démantèlement des tripartites, à la mise sur pied du NWC et à la promotion du concept de flexibilité au travail. Des tracts ont été distribués pour expliquer aux salariés pourquoi la «situation dans le monde du travail est devenue si grave».

«Bizin sanzman, pa bizin sanzman ?» lance le président de la Fédération syndicale du service civil. «Bizin sanzman !» répond cinq sur cinq l'assistance. «Plus fort, demande Toolsiraj Benydin. Il faut qu'on vous entende jusqu'à l'hôtel du gouvernement. Quelqu'un a promis de changer votre vie en 100 jours mais elle a empiré tandis que les riches deviennent plus riches avec l'argent des pauvres.»

Il fait référence aux advisers recrutés par l'Etat qui bénéficient de grosses cylindrées et d'autres avantages. Il affirme que le ministre des Finances, Rama Sithanen, est condamné à suivre le diktat de la Banque mondiale pour serrer la ceinture des travailleurs. Selon lui, le Parti travailliste est reconnu pour avoir adopté des lois du travail des plus répressives à l'encontre des travailleurs et déréglementer les lois du travail. Il cite en exemple l'Industrial Relations Act (IRA) de 1973 et le démantèlement du mécanisme de compensation salariale.

Productivité des conseillers

Aujourd'hui, le gouvernement ne veut plus jouer le rôle d'arbitre entre patronat et syndicats. Il parle le même langage que le secteur privé. Pourquoi le gouvernement ne tient pas compte de la productivité de ses conseillers ? se demande-t-il.

L'enjeu du mouvement syndical est d'empêcher le gouvernement de mettre sur pied le NWC en remplacement du Pay Research Bureau et de contrer une éventuelle loi du National Remuneration Board sur la flexibilité au travail.

Lui succédant, Cassam Kureeman, président du Mauritius Labour Congress, affirme que ce rassemblement n'est qu'une bande-annonce du 3 juin prévu pour un rassemblement à côté du poste de police de Rose-Hill.

«Ce même gouvernement qui mendiait des votes, il y a trois mois afin de 'put people first' ne respecte plus ses promesses», soutient Cassam Kureeman. De plus, le manifeste électoral n'avait pas fait mention du démantèlement du mécanisme de compensation salariale.

Deepak Benydin, président de la Fédération syndicale des corps constitués estime que Rama Sithanen remet en question le slogan Unir pour bâtir. Pour le syndicaliste Ashok Subron cette situation découle «de la pression exercée sur le gouvernement par le secteur privé qui a financé les dernières élections générales».

En revanche, les employés de Mauritius Telecom sont plus chanceux car l'organisme a décidé de leur octroyer une compensation salariale supérieure au taux légal de Rs 135. Ils recevront donc une augmentation de Rs 275 à partir du 1er juillet au lieu de Rs 235 comme mentionné dans notre édition d'hier.


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