L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Commerce régional : Nos entreprises à la rencontre des acheteurs africains

Port Louis — Les rideaux se lèvent le 8 juin.

Au Centre international de Pailles, 115 entreprises locales devront séduire, avec leurs produits, 189 acheteurs africains. Quatre jours d'interaction intense pour capturer le marché régional au fort potentiel. Bienvenue au commerce international, dans un événement signé Enterprise Mauritius (EM), qui se veut annuel.

Ces acheteurs, de toutes tailles, viennent de 15 pays, avec de fortes délégations de l'Afrique du Sud, du Kenya, de Madagascar et de la Namibie. La Zambie, la Tanzanie, l'Ethiopie, le Rwanda et le Burundi seront aussi présents. Hier, Amédée Darga, président du conseil d'administration d'EM, n'a pas manqué de mettre en avant les principaux acheteurs, dont Nakumatt. Cette entreprise kenyanne, une des cinq plus grandes de ce pays, dispose de grandes surfaces qui commercialise aussi bien de la farine que des voitures.

Lors de ce briefing avec les exposants, Amédée Darga a déclaré que pour cette première édition, il y a un potentiel d'achats pour 15 millions de dollars (Rs 465 millions). Les commandes varient en quantité, allant de 2 000 dollars à 400 000 dollars par acheteur.

«Le marché local ne s'arrête pas au rivage de l'île Maurice. Ce qui est local est régional. Il n'y a que la mer qui nous sépare», a-t-il affirmé. Car Maurice, à travers ses accords préférentiels au niveau de la SADC et du Comesa, a accès à un marché ouvert, aux droits de douane réduits ou inexistants.

L'événement, une étape dans une stratégie plus large, se prédestine à une édition annuelle. Comme l'a soutenu Amédée Darga, «ce n'est pas une foire locale. Donc, tout le monde ne peut s'attendre à conclure des deals. C'est un investissement dans le temps. C'est le commerce international. Il faut que cela entre dans le sub-conscient : qu'il y a une foire à laquelle participer chaque année».

La Mauritius For Africa Fair est l'opposé de ce qui se faisait jusqu'à présent. Un nombre limité d'entrepreneurs se rend dans un pays spécifique, payant billets d'avion et notes d'hôtel, avec une quantité limitée d'échantillons dans la valise. Mais pour attirer les acheteurs potentiels, susceptibles d'utiliser Maurice comme base, il faut une masse critique, créer un effet de démonstration.

De fait, a expliqué Amédée Darga, grâce à cette manifestation, l'interface entre les entreprises mauriciennes et les acheteurs africains est plus intense : un nombre important d'échantillons à montrer, des visites d'usines à organiser et l'accent à mettre sur le côté relationnel. En bref, mieux faire que ces «missions à l'étranger».

Il appartient maintenant aux entrepreneurs d'assurer le succès de la foire. Déjà, le stand ne coûte que Rs 15 000, grâce à une subvention d'EM. Amédée Darga donne deux conseils : mettre les meilleurs en marketing dans les stands et, surtout, «ne pas tricher». Il s'est souvenu d'une mission au Kenya. Des importateurs ont dénoncé des entreprises qui avaient assuré une excellente qualité dans leur première livraison, mais qui ont ensuite expédié des produits inférieurs, ou modifié les prix convenus.

«C'est du business à long terme. Il faut véritablement s'investir en sachant qu'il y a de la concurrence. L'Inde nous souffle déjà dans le cou. Ce n'est pas un marché facile. Et c'est un marché qu'il faut prendre», a renchéri le président d'EM. Afin d'attirer ces acheteurs, EM s'en est donné les moyens, avec 20 000 brochures distribuées dans les pays ciblés, couplées à des missions en quête d'acheteurs. Déjà, a précisé Amédée Darga, il y a une «visibilité de Maurice».


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