Coulibaly Zié Oumar
29 Mai 2006
Le virus du vih/sida a été identifié chez des chimpanzés dans la forêt du Cameroun. Pan troglodytes troglodytes : c'est ainsi que se nomme la sous-espèce de chimpanzés sauvages chez laquelle des chercheurs internationaux ont identifié la présence du virus SIV cpz, le virus de l'immunodéficience simienne, proche VIH-1 responsable de la pandémie humaine.
Durant quatre ans, des scientifiques des universités d'Alabama (Etats-Unis), Montpellier-1 (France) et Nottingham (Grande-Bretagne), en collaboration avec le Presica (prévention du sida au Cameroun) ont travaillé pour connaître l'origine du vih. Les recherches sur ces chimpanzés sont donc les premières à permettre de vérifier qu'il y a effectivement des espèces de chimpanzés non captifs qui jouent le rôle de porteurs sains d'un virus qui a vraisemblablement été à l'origine de l'apparition du VIH.
Pour obtenir ce résultat, les scientifiques ont travaillé sur environ 600 prélèvements de matières fécales recueillis dans la forêt, sur lesquels ils ont réalisé au fur et à mesure deux sortes d'analyses. Il s'agissait d'abord d'obtenir l'empreinte génétique de l'animal pour identifier l'espèce à laquelle il appartenait, puis de déterminer s'il avait des anticorps révélant la présence du virus dans son organisme.
Cela a permis d'identifier l'existence de plusieurs souches de SIV cpz, dont certaines étaient particulièrement proches du VIH-1 du groupe M qui a provoqué la pandémie, et de constater que dans certaines communautés de chimpanzés le virus était très répandu (jusqu'à 35% des individus pouvaient en être porteurs). Les chercheurs en ont donc conclu que les Pan troglodytes troglodytes du sud du Cameroun représentaient un réservoir naturel du VIH.
Mais les chercheurs n'affirment pas pour autant que le sida est parti du Cameroun. Dans la mesure où ils insistent pour dire que ce genre de chimpanzés se retrouve partout en Afrique centrale et occidentale. Toutefois, la question qui mérite d'être posée, c'est de savoir comment la transmission s'est faite de l'animal à l'homme. Ce que l'étude ne révèle pas. L'autre question qu'on se pose, c'est pourquoi un virus si proche du VIH qui fait de tels ravages chez les hommes, ne provoque l'apparition d'aucun symptôme chez les singes qui en sont porteurs.
Trouver l'explication de ce phénomène pourrait donc ouvrir la voie à la mise au point de nouveaux traitements et même peut-être d'un vaccin. D'autre part, les chercheurs espèrent qu'en poursuivant leurs investigations, ils pourront découvrir si d'autres virus de l'immunodéficience simienne, qui circulent dans la région, sont susceptibles d'être dangereux pour l'homme et de provoquer de nouvelles infections.
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